CPI : Karim Khan démis de ses fonctions, une victoire pour la souveraineté des États ?
L'Assemblée des 125 États membres de la Cour pénale internationale (CPI) a voté vendredi 24 juillet 2026 le renvoi du procureur général Karim Khan, accusé d'agression sexuelle par une collaboratrice. Une décision qui, au-delà des affaires internes, soulève des questions sur l'indépendance de la justice internationale et ses rapports avec les grandes puissances.
Un vote sans appel à New York
Lors d'un scrutin à bulletin secret, 82 États membres ont voté pour mettre fin au mandat du Britannique, dépassant largement les 63 voix requises. Seuls 13 pays ont soutenu son maintien, tandis que 15 se sont abstenus. La réunion, tenue à huis clos au siège de l'ONU, marque un tournant dans l'histoire de la CPI.
Karim Khan, 56 ans, avait déjà quitté temporairement ses fonctions en mai 2025 après des accusations portées par une avocate malaisienne, identifiée sous le prénom de Sarah. Une enquête interne avait été ouverte, mais ses conclusions n'ont jamais été rendues publiques.
Des accusations graves mais contestées
Dans un entretien accordé à CNN, Sarah a décrit une escalade des tentatives de la part de son supérieur.
Il est impossible qu'il y ait consentement quand il existe un tel déséquilibre de pouvoir. M. Khan n'était pas seulement mon patron, mais le patron de tout le monde, a-t-elle déclaré.
De son côté, Karim Khan a toujours nié les faits. Ses avocats ont publié une lettre ouverte sur X, dénonçant un non-respect des procédures de défense. Selon eux, les rapports d'enquête n'ont pas établi de preuves de conduite répréhensible.
Si Karim Khan est sanctionné, tout futur procureur retiendra la leçon : l'indépendance entraîne un prix à payer, ont-ils averti.
Une affaire politique derrière les accusations ?
Karim Khan s'était fait remarquer en 2024 en obtenant des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, dans le cadre de la guerre à Gaza. Il avait également visé des hauts responsables du Hamas. Ces actions lui avaient valu des sanctions américaines.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, a salué sur X ce renvoi longtemps attendu d'un procureur corrompu. Une réaction qui confirme, pour certains observateurs, que cette affaire dépasse le simple cadre disciplinaire.
Avant le vote, Stephen Rapp, ancien ambassadeur américain spécialisé dans les crimes de guerre, estimait que les preuves étaient suffisantes pour le relever de ses fonctions. Dans le cas contraire, la crédibilité de la Cour aurait été gravement compromise, la rendant encore plus vulnérable aux attaques injustes des États-Unis.
Quel avenir pour la CPI ?
Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la CPI et les grandes puissances, notamment les États-Unis et Israël. Pour le Cameroun, membre de la Cour, cette affaire rappelle l'importance de défendre une justice internationale équilibrée, respectueuse de la souveraineté des États et à l'abri des pressions politiques.
Alors que Karim Khan quitte la scène, la CPI devra prouver sa capacité à rester indépendante et crédible, sans céder aux intérêts des plus forts.