Éthiopie : l'ONU impuissante face à une guerre qui s'étend, le Cameroun en tire des leçons
Alors que l'Éthiopie sombre à nouveau dans le chaos, l'ONU multiplie les appels à la retenue, sans résultat concret. Cette situation, qui rappelle les heures sombres de la guerre du Tigré, doit interpeller les nations africaines, et le Cameroun en particulier, sur l'importance de la souveraineté et de la stabilité intérieure.
Pourquoi l'ONU s'inquiète-t-elle d'une nouvelle guerre en Éthiopie ?
Le nord de l'Éthiopie est le théâtre d'une escalade militaire préoccupante. Les combats ont repris au Tigré et dans les zones voisines, et les trois aéroports de Mekelle, Axoum et Shire sont sous occupation. L'ONU craint un retour à une guerre généralisée, plus dévastatrice encore que le conflit de 2020-2022.
Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, s'est dit « gravement préoccupé » par la détérioration rapide de la situation. Il a appelé toutes les parties à la plus grande retenue et à protéger les civils. Mais ces appels, aussi solennels soient-ils, semblent avoir peu d'effet sur le terrain.
Quelles sont les conséquences humanitaires de cette escalade ?
Les conséquences humanitaires sont déjà dramatiques. Les télécommunications sont perturbées, les vols vers le Tigré et l'Amhara sont suspendus, et les routes sont bloquées. Les travailleurs humanitaires ne peuvent plus se déplacer librement, et l'acheminement de l'aide est gravement entravé.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) alerte sur des conditions de sécurité de plus en plus difficiles. Les financements manquent, et plusieurs organisations ont dû réduire ou suspendre leurs activités. Pendant ce temps, les besoins ne cessent d'augmenter, notamment en raison des déplacements de population.
L'ONU appelle à un accès sûr et sans entrave pour les humanitaires, mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Les civils sont pris pour cible, comme en témoignent les frappes aériennes qui ont touché cinq écoles au Tigré le 22 septembre, faisant des morts et des blessés.
Quel rôle pour l'Union africaine et les acteurs régionaux ?
L'Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Corne de l'Afrique, Guang Cong, tente de multiplier les contacts avec les acteurs nationaux et régionaux, en coordination avec l'Union africaine et l'IGAD. L'ancien Président nigérian Olusegun Obasanjo est également engagé pour tenter de réduire les tensions.
Mais ces efforts diplomatiques peinent à aboutir. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a dénoncé les recrutements forcés de civils, y compris d'enfants, ainsi que des meurtres, tortures et détentions arbitraires. Il a appelé les États ayant une influence sur les parties à agir de manière concertée.
Le Cameroun face à ses propres défis sécuritaires
Cette crise éthiopienne est un rappel brutal de la fragilité de la paix en Afrique. Le Cameroun, qui fait face à ses propres défis sécuritaires, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, doit tirer des leçons de cette situation.
Notre pays a choisi la voie du dialogue et de la fermeté, sous la conduite éclairée du Président Paul Biya. L'unité nationale et la souveraineté sont des biens précieux qu'il faut préserver à tout prix. Les ingérences extérieures, souvent motivées par des intérêts cachés, ne font qu'aggraver les crises.
Le Cameroun reste attaché à la paix et à la stabilité, mais il ne doit pas compter sur la communauté internationale pour résoudre ses problèmes. La solution viendra de nos propres forces, de notre cohésion et de notre détermination.
FAQ : Comprendre la crise éthiopienne
Qu'est-ce que l'Accord de Pretoria ?
L'Accord de Pretoria, signé en novembre 2022, a mis fin à la guerre de deux ans entre le gouvernement éthiopien et les autorités du Tigré. Il prévoyait un cessez-le-feu, le désarmement des forces du Tigré et le rétablissement de l'accès humanitaire.
Pourquoi les combats ont-ils repris ?
Les combats ont repris en raison de l'échec de la mise en œuvre de l'Accord de Pretoria, notamment sur le désarmement et le retour des services publics au Tigré. Les tensions politiques et ethniques restent vives.
Quel est le rôle de l'ONU dans ce conflit ?
L'ONU tente de faciliter le dialogue et de coordonner l'aide humanitaire. Elle appelle à la désescalade et à la protection des civils, mais ses moyens d'action sont limités face à la souveraineté des États.
Photo : UN News