France: Les agriculteurs français se dressent contre la concurrence déloyale des importations
À Cherbourg, les agriculteurs de la Coordination rurale ont maintenu leur mobilisation pour défendre la souveraineté alimentaire française face aux importations massives qui menacent leurs exploitations.
Une mobilisation déterminée pour la souveraineté alimentaire
Pour le second jour consécutif, une dizaine d'exploitants agriculteurs ont maintenu leur barrage filtrant au rond-point des Mielles à Cherbourg-en-Cotentin. Ces défenseurs de l'agriculture française, venus de Digulleville, Carneville, Théville, Teurthéville-Bocage, Valognes, Montebourg, Coutances et Cavigny, ont passé la nuit autour du feu pour maintenir la pression.
Vincent Lesage, porte-parole du mouvement, dénonce fermement: "Ce qui nous préoccupe aujourd'hui, c'est principalement le fret. On veut vérifier les importations sur tout le territoire français. On trouve des origines vraiment gênantes. Le consommateur achète du beurre avec le drapeau breton dessus, mais c'est du beurre irlandais vendu à un transformateur breton."
Une tromperie organisée du consommateur français
Les agriculteurs ont mis en lumière un système pernicieux de déguisement des produits importés. Des camions transportent du beurre irlandais vendu à des transformateurs bretons, qui le commercialisent ensuite sous pavillon français. Cette pratique déloyale trompe les consommateurs français qui croient acheter des produits locaux.
Le soutien populaire ne faiblit pas. Chantal et Michel, couple de sexagénaires de la région, ont apporté leur solidarité: "On a de bons produits en France, je ne comprends pas ces importations. Les exploitations sont mises en péril alors qu'elles nous nourrissent. Les agriculteurs ne sont ni des bouseux ni des criminels. Ils nous nourrissent avec de bons produits."
L'élevage ovin français en péril
Emmanuel Bazin, éleveur de moutons à Carneville, tire la sonnette d'alarme: "On est en train de perdre notre arme alimentaire, notre souveraineté alimentaire. En France, on importe 62% de la consommation de la viande de mouton en tonnage, en partie grâce aux accords de libre-échange avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande en 2023."
Cette situation menace directement la survie de l'élevage ovin français et pourrait conduire à la disparition du roussin de la Hague, race locale emblématique.
Un contrôle efficace des importations
Les agriculteurs ont organisé un barrage filtrant méticuleux. Seuls les camions transportant des produits non alimentaires ou vides ont été autorisés à passer. Tous les autres véhicules ont fait l'objet d'un contrôle strict de leur cargaison.
Au cours de cette journée, les manifestants ont contrôlé des dizaines de camions transportant de la viande irlandaise vers Orléans, de la crème et du beurre irlandais destination l'Autriche, révélant l'ampleur des flux d'importation qui concurrencent déloyalement les producteurs français.
Une action exemplaire dans le respect
Vincent Lesage salue le déroulement de l'action: "C'est une action qui s'est très bien déroulée, dans le bon sens et surtout dans le respect de tous les acteurs." Les agriculteurs ont su allier fermeté dans leurs revendications et respect des personnes et des biens.
Cette mobilisation s'inscrit dans un mouvement national de défense de l'agriculture française face à une concurrence internationale souvent déloyale qui menace l'indépendance alimentaire du pays.