Judo : la France dégringole à Bakou, une première sans or depuis 2003
L'équipe de France de judo a terminé à la 8e place des championnats du monde de Bakou, un bilan individuel sans médaille d'or, une première depuis 2003. Un revers qui interpelle, alors que les Bleus visaient quatre titres et que la concurrence internationale, notamment japonaise, confirme sa domination.
Un bilan historique en trompe-l'œil pour les Bleus
Pour la première fois depuis Osaka en 2003, les judokas français repartent des Mondiaux sans la moindre médaille d'or. Sur les 17 athlètes engagés, neuf ont terminé dans les sept premiers, une progression chiffrée, mais insuffisante aux yeux des dirigeants. Les finales de Kaïla Issoufi (-78kg) et Romane Dicko (+78kg) n'ont pas suffi à inverser la tendance.
Le président de la Fédération, Stéphane Nomis, ne masque pas sa déception :
« C'est dur, ça fait mal. On a manqué notre championnat. Il y a quelque chose qu'on a mal fait. Huitième, ce n'est pas notre place. »
La jeunesse française progresse, mais les cadres manquent
Les jeunes pousses françaises ont toutefois montré de belles choses. Kelvin Ray, battu de justesse par le Japonais Hifumi Abe en -66kg, Aleksa Mitrovic (7e en -90kg), Dayyan Boulemtafes, médaillé de bronze en -73kg, et Kaïla Issoufi ont fait preuve d'une belle audace. La manager générale Frédérique Jossinet nuance :
« Le bilan est mitigé chez les garçons. Une deuxième médaille aurait été la bienvenue. On a une jeunesse très intéressante. »
Côté féminin, le bronze de Shirine Boukli (-48kg) s'ajoute aux finales de Dicko et Issoufi. Un bilan que Jossinet qualifie de « pas suffisant mais bon », tout en pointant des axes de progression : efficacité des attaques, posture, engagement et coaching.
Le Japon écrase la concurrence, la France doit réagir
Le Japon a égalé son record hors de ses bases avec sept titres mondiaux. Derrière, la Géorgie (2 titres), l'Espagne, l'Azerbaïdjan, les Émirats arabes unis, la Russie et la Corée du Sud complètent le tableau. La France, 8e, voit ses rivaux européens et asiatiques creuser l'écart.
À deux ans des Jeux olympiques de Los Angeles, Stéphane Nomis annonce des changements radicaux :
« On va mettre en place une nouvelle direction, une nouvelle manière de faire pour aller à Los Angeles et battre le record de médailles de Paris 2024. Si on ne vise pas la lune, on ne va nulle part. Mieux vaut prendre la claque ici qu'aux JO. »
Les prochains Mondiaux se tiendront le 7 juin au Kazakhstan. La reconquête commence maintenant.