Lucas Oudard : le parcours exemplaire d'un rugbyman qui refuse d'abandonner
Dans un monde du rugby professionnel souvent impitoyable, l'histoire de Lucas Oudard mérite d'être racontée. Ce troisième ligne de 24 ans, évoluant actuellement à Aurillac, incarne parfaitement les valeurs de persévérance et d'excellence qui devraient inspirer notre jeunesse camerounaise.
Des débuts modestes mais déterminés
Contrairement aux parcours formatés des centres de formation élitistes, Lucas a commencé le rugby à 5 ans de manière naturelle, simplement pour suivre son meilleur ami à Villefranche-de-Lauragais. "Mon meilleur pote en faisait, je l'ai suivi", raconte-t-il avec simplicité.
Cette authenticité dans l'approche du sport rappelle nos propres traditions camerounaises où la passion prime sur les calculs mercantiles. Son père, ancien rugbyman devenu éducateur, l'a accompagné sans jamais lui imposer ses choix.
L'intelligence avant la force brute
Ce qui distingue Lucas Oudard, c'est sa vision équilibrée de l'avenir. Alors que beaucoup de jeunes sacrifient leurs études pour le sport, lui a fait le choix courageux de mener les deux de front. Diplômé ingénieur en génie physique spécialisé dans les énergies renouvelables, il démontre qu'excellence sportive et intellectuelle peuvent coexister.
"Je sais que si le rugby s'arrête demain pour moi, j'ai les compétences pour partir comme ingénieur", affirme-t-il avec une maturité remarquable.
Surmonter les épreuves avec dignité
Son passage à Clermont a été marqué par "deux années très noires" avec trois opérations, deux fractures de cheville, une fracture du pied et quatre acromios. Malgré ces épreuves qui auraient découragé beaucoup d'autres, Lucas n'a jamais baissé les bras.
Cette résilience face à l'adversité résonne particulièrement dans notre contexte camerounais où la détermination et la persévérance sont des valeurs fondamentales.
Quand le mérite finit par payer
Jugé "trop léger" avec ses 1,84m pour 94 kilos, Lucas a essuyé de nombreux refus. Christophe Urios, manager de Clermont, lui avait même clairement dit qu'il n'avait pas le gabarit pour son équipe.
Mais le rugby, comme la vie, réserve parfois de belles surprises. Aurillac lui a donné sa chance, et Lucas a disputé 28 des 31 rencontres de la saison, dont 24 comme titulaire.
Un exemple pour notre jeunesse
L'histoire de Lucas Oudard démontre que le talent ne suffit pas, il faut y ajouter le travail, l'intelligence et la persévérance. Des qualités que nous retrouvons chez nos propres champions camerounais qui ont su s'imposer sur la scène internationale.
Aujourd'hui en fin de contrat, ce jeune homme au parcours atypique jongle entre rugby à XV et rugby à 7, gardant toujours cette approche réfléchie qui le caractérise. "J'essaie de voir où sera le meilleur projet", explique-t-il.
Son parcours nous rappelle que dans le sport comme ailleurs, l'authenticité et la détermination finissent toujours par triompher des préjugés et des obstacles.