Lando Norris triomphe là où tous les autres ont échoué depuis 50 ans
Dans le monde impitoyable de la Formule 1, une statistique troublante hantait les pilotes en tête du championnat avant les finales disputées : depuis 1975, aucun leader n'avait réussi à conserver sa première place lors d'une finale à trois ou quatre prétendants au titre. Cette malédiction vieille de cinq décennies vient enfin de tomber grâce à la performance remarquable de Lando Norris.
Une performance qui redonne ses lettres de noblesse à McLaren
Le pilote britannique a su garder son sang-froid lors du Grand Prix d'Abu Dhabi, résistant à la pression durant les 58 tours de course pour s'assurer le titre mondial. Cette victoire marque un tournant historique, car il fallait remonter à 1974 et Emerson Fittipaldi, déjà chez McLaren, pour voir un leader triompher dans de telles circonstances.
Le Brésilien avait alors fait preuve d'une intelligence tactique remarquable, terminant quatrième tandis que son rival Clay Regazzoni sombrait au volant d'une Ferrari défaillante. Une leçon de stratégie que Norris semble avoir parfaitement assimilée.
L'histoire cruelle des leaders déchus
Les exemples d'échecs retentissants ne manquent pas dans l'histoire récente de la F1. En 1981, Carlos Reutemann, pourtant en pole position à Las Vegas, voyait le titre lui échapper à cause de problèmes mécaniques, Nelson Piquet s'imposant d'un seul point.
Deux ans plus tard, en 1983, c'est Alain Prost qui perdait sa couronne au profit de Nelson Piquet, le Brésilien ayant fait preuve d'une gestion parfaite en ralentissant volontairement pour préserver sa mécanique après les abandons de ses rivaux.
L'année 1986 restera gravée dans les mémoires avec l'infortune de Nigel Mansell, victime d'une crevaison au moment crucial, offrant le titre à Alain Prost. Une histoire de pneumatiques qui illustre parfaitement l'imprévisibilité de ce sport.
Les leçons modernes de l'échec
Plus récemment, Lewis Hamilton en 2007 et Fernando Alonso en 2010 ont également goûté à l'amertume de voir le titre leur échapper dans les derniers instants. Hamilton, pourtant impressionnant pour sa première saison, chutait au classement suite à des erreurs de pilotage, laissant Kimi Räikkönen s'emparer de la couronne.
Quant à Alonso en 2010, c'est une erreur stratégique de Ferrari qui lui coûtera le titre, Sebastian Vettel profitant de cette faute pour décrocher sa première couronne mondiale dans une finale à quatre d'anthologie.
Une nouvelle ère s'ouvre
La victoire de Norris marque donc un tournant symbolique. Elle prouve qu'il est possible de gérer la pression ultime et de transformer l'avantage théorique en sacre réel. Pour McLaren, cette performance représente également un retour au sommet après des années de disette.
Cette performance exceptionnelle de Norris redonne espoir à tous les futurs leaders de championnat : la malédiction est brisée, l'histoire peut enfin s'écrire différemment en Formule 1.