Primaire socialiste française : une cyberattaque force la prolongation du scrutin jusqu'à dimanche
La primaire de la gauche française, organisée par le Parti socialiste (PS), Place publique et la Gauche républicaine et socialiste (GRS), a été victime d'une cyberattaque vendredi. Le scrutin, qui devait s'achever samedi, est finalement prolongé jusqu'à dimanche 18 h 00 pour permettre aux quelque 140 000 électeurs de voter dans des conditions sereines.
Pourquoi la primaire socialiste a-t-elle été prolongée ?
Le vote, qui se déroule uniquement par voie électronique, a débuté vendredi à 8 h 00. Il a aussitôt été perturbé par une cyberattaque provoquant un « afflux massif et fictif de connexions », ce qui a considérablement ralenti le processus sans toutefois l'interrompre. À 19 h 00, seules 20 000 personnes avaient pu voter, selon la commission d'organisation de la primaire.
Face à cette situation, la commission, en accord avec tous les candidats, a décidé de prolonger le scrutin jusqu'à dimanche 18 h 00. Les résultats devraient être rendus publics dans la foulée. Si un second tour est nécessaire, il se tiendra les 16 et 17 octobre.
Qui sont les cinq candidats en lice ?
Les électeurs doivent choisir leur candidat à la présidentielle de 2027 parmi cinq prétendants :
- Raphaël Glucksmann, eurodéputé de Place publique, favori du scrutin
- Olivier Faure, premier secrétaire du PS
- Ségolène Royal, ex-candidate à la présidentielle de 2007
- Jérôme Guedj, député socialiste
- Emmanuel Maurel, député de la GRS
Quelles sont les intentions de vote ?
Selon un sondage Harris Interactive publié vendredi, Raphaël Glucksmann arrive en tête des préférences des Français se positionnant à gauche (53 % d'opinions favorables), devant Ségolène Royal (47 %) et Olivier Faure (42 %). Toutefois, 28 % des personnes interrogées se positionnant à gauche n'ont trouvé aucun des cinq candidats convaincant.
Dans les intentions de vote pour la présidentielle, Raphaël Glucksmann est crédité de 10 à 12 %, tandis qu'Olivier Faure navigue entre 3 et 5 %.
Des tensions vives entre les candidats
Les débats télévisés ont été marqués par des affrontements rugueux, notamment sur une éventuelle alliance avec La France insoumise (LFI). Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj la refusent vigoureusement, accusant Jean-Luc Mélenchon de jouer avec les codes de l'antisémitisme. Ils accusent de « soumission » à LFI Olivier Faure, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel, tous trois favorables à un rapprochement de la gauche.
À l'inverse, Olivier Faure et Ségolène Royal reprochent à Raphaël Glucksmann de vouloir se tourner vers le centre. Jeudi, Olivier Faure a estimé qu'une victoire de son rival signifierait l'« effacement » du PS dans l'élection présidentielle, tandis que Ségolène Royal a déploré un « hold-up » de l'eurodéputé sur le parti.
Un corps électoral incertain
Une large part des votants ne sont pas issus des partis organisateurs et se sont inscrits sur une plateforme dédiée. Le corps électoral reste donc en grande partie inconnu, ce qui laisse planer l'incertitude sur le résultat. Cette primaire est très loin de celle qui avait permis la victoire de François Hollande en 2012, qui avait réuni entre 2,6 et 2,8 millions de votants.
Les trois formations politiques organisatrices ont saisi la justice, et l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) a également été saisie, selon Matignon.
Photo : lindependant.fr