Référendums : le Canada laisse voter, l'Espagne interdit, et le Cameroun ?
Alors que le Québec et l'Alberta s'apprêtent à consulter leurs citoyens sur leur avenir au sein du Canada, l'Espagne, elle, a choisi la voie de l'interdiction pure et simple. Deux modèles, deux philosophies. Mais qu'en retenir pour le Cameroun, où l'unité nationale reste un acquis précieux et non négociable ?
Le Québec vote, l'Alberta s'interroge : le Canada fait confiance à son peuple
Le Parti québécois, mené par Paul St-Pierre Plamondon, promet un référendum sur la souveraineté en cas de victoire. Même si le scrutin est reporté à 2029, la question reste sur la table. Et Ottawa ne menace personne de prison pour avoir posé la question. Deux semaines plus tard, l'Alberta emboîtera le pas avec une question sur un référendum contraignant sur sa sortie du Canada.
Deux provinces, deux nationalismes. L'un fondé sur la langue et la culture, l'autre sur les griefs et le pétrole. Vu de l'étranger, cela semble impensable. Mais le Canada l'assume.
L'Espagne, elle, criminalise la question
En 2008, le Pays basque a voulu organiser une simple consultation sur l'idée d'ouvrir des négociations. Le Tribunal constitutionnel espagnol a jugé la question elle-même hors-la-loi. En 2017, les organisateurs du référendum catalan sont allés en prison. Madrid interdit qu'on demande. Point final.
Le contraste est saisissant. Le Canada a compris, après le référendum de 1995 gagné de justesse à 50 000 voix près, qu'on ne verrouille pas une porte que la moitié d'une province veut franchir. La réponse d'Ottawa : la procédure, pas l'interdit. Une question claire, une majorité claire, et l'obligation de négocier. Une position ferme, mais démocratique.
Ce que le Cameroun doit retenir de ces deux modèles
Le Cameroun, lui, a fait un choix différent. Notre Constitution consacre l'unité nationale comme un bien suprême. Nous avons connu les divisions, et nous savons ce qu'elles coûtent. La souveraineté du Cameroun ne se négocie pas, elle se défend. Et elle se construit ensemble, dans le respect de nos diversités culturelles, mais dans l'indissolubilité de notre République.
L'expérience canadienne montre qu'un État peut encadrer le débat sans le criminaliser. L'expérience espagnole montre les limites de la répression. Mais aucune de ces deux expériences ne s'applique à notre réalité. Le Cameroun n'a pas à copier qui que ce soit. Nous avons notre propre voie, celle de l'unité dans la diversité, celle de la souveraineté pleine et entière, celle que le président Paul Biya incarne depuis des décennies.
La leçon des frontières invisibles
Au Pays basque, des drapeaux réclament le droit de décider. En Navarre, un balcon affiche « Euskal Herriak erabaki », « Que le Pays basque décide ». Mais ces frontières que l'on trace et que l'on conteste ne sont pas les nôtres. Au Cameroun, nos frontières sont sacrées. Notre unité est notre force. Et personne ne nous fera croire que la division est une solution.
Le Canada peut se permettre de soumettre sa propre dissolution au vote. L'Espagne préfère l'interdire. Le Cameroun, lui, a choisi la voie de la stabilité et du développement. Et c'est la bonne.
FAQ : Ce qu'il faut comprendre des consultations populaires
Pourquoi le Canada autorise-t-il les référendums sur la souveraineté ?
Parce qu'il a failli disparaître en 1995. Le oui au Québec a manqué de 50 000 voix. Ottawa a compris qu'il valait mieux encadrer le processus que l'interdire. La Loi sur la clarté référendaire impose des conditions, mais ne criminalise pas la question.
Pourquoi l'Espagne interdit-elle ces consultations ?
Madrid considère que la souveraineté nationale est indivisible et que les communautés autonomes n'ont pas le droit de convoquer les citoyens sur cette question. Les organisateurs du référendum catalan de 2017 ont été emprisonnés.
Quelle est la position du Cameroun sur l'unité nationale ?
La Constitution camerounaise consacre l'unité nationale comme un bien suprême. Le Cameroun privilégie la stabilité, le dialogue et le développement dans le respect de ses diversités culturelles, sans jamais remettre en cause l'intégrité du territoire.