Ukraine-Russie: les négociations américaines face à la réalité du terrain
Alors que l'Occident multiplie les initiatives diplomatiques pour sortir du conflit ukrainien, la réalité militaire impose sa loi sur le terrain. Les négociateurs ukrainiens se préparent à discuter dimanche en Floride du plan américain censé mettre fin à cette guerre qui dure depuis près de trois ans.
Un contexte militaire défavorable à Kiev
L'armée russe continue sa progression dans l'est de l'Ukraine, confirmant la tendance observée ces derniers mois. Dans la nuit de samedi à dimanche, une attaque de drones près de Kiev a fait au moins un mort et 11 blessés, rappelant la vulnérabilité de la capitale ukrainienne face aux frappes russes.
Face à cette pression militaire croissante, Kiev tente de maintenir sa capacité de nuisance en revendiquant l'attaque de deux pétroliers russes en mer Noire. Ces opérations, menées avec des drones navals, visent la "flotte fantôme" que Moscou utilise pour contourner les sanctions occidentales.
Remaniements politiques sous pression
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky vient de limoger son chef de cabinet Andriï Iermak, accusé de corruption. Ce remaniement intervient à un moment critique, alors que Kiev doit négocier sa survie face aux pressions américaines et européennes.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio et l'émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, recevront la délégation ukrainienne pour discuter des amendements au plan américain négociés la semaine dernière à Genève.
Un plan américain controversé
Le projet américain en 28 points, présenté il y a dix jours, suscite de vives critiques. Accusé d'être très favorable à Moscou, ce plan a dû être amendé face aux réticences européennes et ukrainiennes.
Kiev craint de devoir faire d'importantes concessions territoriales et politiques pour obtenir la paix. Le président ukrainien tente de rassurer en affirmant que "la partie américaine est constructive", mais les observateurs notent la fragilité de sa position.
La guerre énergétique continue
Parallèlement aux négociations, la guerre énergétique bat son plein. Kiev a visé samedi un terminal pétrolier majeur dans le port russe de Novorossiïsk, perturbant l'exportation du pétrole kazakh vers l'Europe via l'un des oléoducs les plus importants au monde.
De son côté, Moscou maintient ses attaques massives sur les infrastructures ukrainiennes. La nuit de vendredi à samedi, 36 missiles et 596 drones russes ont frappé l'Ukraine, privant de courant plus de 600.000 usagers.
Ces développements illustrent la complexité d'un conflit où les considérations géopolitiques occidentales se heurtent aux réalités du terrain et aux intérêts stratégiques des grandes puissances.