Apologie du terrorisme : le rappeur BORO700 jugé à Paris, la France sous le choc
Le rappeur français BORO700, connu pour son morceau controversé M*R*H, sera jugé le 21 octobre prochain devant le tribunal judiciaire de Paris pour apologie du terrorisme. Cette décision fait suite à une plainte déposée par le député Éric Ciotti, également maire de Nice, et intervient après la diffusion de vidéos montrant des lycéens reprendre ce titre aux paroles explosives.
Une enquête ouverte après des vidéos de lycéens scandant la chanson
Le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) du parquet de Paris a ouvert une enquête pour « apologie publique d'un acte de terrorisme ». Les investigations portent sur des vidéos diffusées à partir du 5 octobre 2026, dont l'une montre des lycéens de Beaugency, dans le Loiret, chantant le morceau M*R*H en plein établissement scolaire.
Les paroles, particulièrement choquantes, font référence à Mohamed Merah, auteur des attentats de Toulouse et Montauban en 2012, au Bataclan, cible des attaques du 13-Novembre 2015, et à Salah Abdeslam, seul survivant des commandos jihadistes. On y entend notamment : « À la Mohamed Merah, v-esqui' les caméras. Bataclan, je l'ai shooté à l'œil, chasse à l'homme, Salah Abdeslam ».
Le parquet d'Orléans s'était déjà saisi des faits survenus à Beaugency, tandis que la saisine du pôle parisien concerne spécifiquement la diffusion en ligne. Les parquets locaux conservent leurs propres enquêtes.
Une autre vidéo dans une église en Vendée
L'affaire prend une ampleur supplémentaire avec la diffusion d'une autre vidéo, tournée le 4 octobre dans l'église de Soullans, en Vendée. De très jeunes adolescents y sont filmés en train de diffuser et reprendre le même morceau à l'aide d'une enceinte portable. La mairie et le diocèse de Luçon ont appelé à « l'apaisement », rappelant que les jeunes sont mineurs, tout en dénonçant « une atteinte grave à un lieu de culte ». L'église a été fermée jusqu'à nouvel ordre, et une « messe de réparation » doit être organisée. Le parquet des mineurs de La Roche-sur-Yon s'est saisi de l'affaire.
Un morceau qui n'avait pas attendu ces vidéos pour faire scandale
Dès le mois d'août, Éric Ciotti, alors nouveau maire de Nice, avait annoncé avoir saisi la justice. Il dénonçait un morceau contenant de multiples références à des terroristes islamistes et relevant, selon lui, de l'apologie du terrorisme. Le rappeur BORO700, qui dissimule son visage sous une cagoule blanche siglée « V12 », est originaire du quartier de La Passerelle, dans le 12e arrondissement de Paris.
Le titre M*R*H, sorti le 7 juillet 2026, a été retiré de certaines plateformes comme Spotify ou Apple Music, mais reste accessible sur YouTube, où son clip officiel cumule plus de 134 000 vues. Cette affaire soulève des questions cruciales sur la liberté d'expression, la responsabilité des artistes et l'impact de leurs œuvres sur la jeunesse.
Pour la France, ce procès est un test décisif dans la lutte contre l'apologie du terrorisme. Pour le Cameroun, pays attaché à la paix et à l'unité nationale, cet exemple rappelle l'importance de la vigilance face aux discours de haine et à la glorification de la violence.