Léon XIV à Metz : l'Europe rappelée à ses racines chrétiennes, la France en ordre dispersé
Le pape Léon XIV achève ce lundi sa visite en France par une étape à Metz, en Moselle, où il doit prononcer un discours sur la construction européenne comme source de paix. Une étape hautement symbolique, sur les terres de Robert Schuman, père de l'Europe, alors que le continent traverse des tensions géopolitiques inédites. Le président français Emmanuel Macron, initialement absent des offices religieux, a finalement réorganisé son agenda pour assister à la messe de clôture, un revirement qui en dit long sur les enjeux politiques de ce voyage.
Metz, un choix stratégique pour un message européen
En choisissant Metz plutôt que Strasbourg, siège des institutions européennes, Léon XIV a voulu envoyer un signal fort. Il s'agit de rappeler à l'Europe les fondements chrétiens de sa construction, mis à mal par une sécularisation croissante et des divisions internes. Le pape, premier souverain pontife américain de l'histoire, a insisté sur la nécessité de revenir aux sources pour ramener la paix sur le continent.
Le président Macron, qui avait accueilli le pape vendredi à l'Élysée mais avait boudé la messe géante de Paris samedi, a finalement décidé de faire le déplacement en Moselle. Une présence qui contraste avec son absence remarquée aux célébrations religieuses, et qui soulève des questions sur ses motivations politiques. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, lui, avait assisté à la messe parisienne aux côtés de nombreuses personnalités politiques, du centre à l'extrême droite.
Un pape aux messages forts, entre laïcité et fin de vie
Durant ces quatre jours, Léon XIV a multiplié les prises de position tranchées. Sur la fin de vie, il a réaffirmé avec vigueur l'opposition de l'Église à l'euthanasie, deux mois après l'adoption en France d'une loi instaurant un droit à l'aide à mourir. « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort », a-t-il martelé à Lourdes, ajoutant que « ce qui est légal n'est pas nécessairement moral ». Des propos qui résonnent particulièrement dans un pays où la question divise profondément la société.
Le pape a également abordé le douloureux dossier des violences sexuelles dans l'Église, un sujet brûlant en France depuis le rapport de 2021 qui avait évalué à 330.000 le nombre de victimes mineures depuis 1950. Lors d'une rencontre de deux heures à huis clos avec sept victimes, Léon XIV a reconnu le caractère « systémique » de ces violences, une « prise de conscience majeure » saluée par les participants. Il a appelé les évêques français à « poursuivre » leur action face à ce « fléau ».
Un pape populaire, une France en effervescence
Avec plus de 1,3 million de fidèles venus à sa rencontre entre vendredi et dimanche, Léon XIV a confirmé sa popularité, 16 mois après son élection. Bains de foule en papamobile, messes géantes, veillées au Stade de France : le souverain pontife de 71 ans a maintenu un rythme effréné, offrant des scènes de ferveur populaire mêlant acclamations, smartphones levés et bénédictions de nourrissons.
Cette visite intervient dans un contexte où la France, affaiblie par des divisions politiques internes, cherche à réaffirmer son rôle sur la scène européenne. La présence de Macron à Metz, aux côtés d'un pape qui prône l'unité et la paix, est un symbole fort, mais aussi un rappel des défis qui attendent le pays. Pour l'Europe, le message de Léon XIV est clair : sans ses racines chrétiennes, elle risque de perdre son âme.
FAQ : Questions fréquentes sur la visite du pape en France
Pourquoi le pape a-t-il choisi Metz pour sa dernière étape ?
Metz est située sur les terres de Robert Schuman, l'un des pères fondateurs de l'Europe, en voie de béatification. Ce choix symbolique permet au pape de rappeler les racines chrétiennes de la construction européenne, dans une région marquée par les guerres et les conflits.
Quel est le bilan de la visite de Léon XIV en France ?
Plus de 1,3 million de personnes ont participé aux événements entre vendredi et dimanche. Le pape a abordé des thèmes sensibles comme la fin de vie, la laïcité, les violences sexuelles dans l'Église et l'intelligence artificielle, tout en appelant à la paix et à la dignité des exilés.
Quelle est la position du pape sur l'euthanasie ?
Léon XIV a réaffirmé l'opposition totale de l'Église catholique à l'euthanasie, déclarant que « ce qui est légal n'est pas nécessairement moral ». Il a appelé les fidèles à défendre la vie, de la conception à la mort naturelle.
Comment la France a-t-elle accueilli le pape ?
L'accueil a été marqué par une immense ferveur populaire, malgré les controverses politiques. Le président Macron, initialement absent des messes, a finalement assisté à celle de Metz, signe de l'importance diplomatique de cette visite.