À onze jours des élections de mi-mandat du 3 novembre, Donald Trump traverse les États-Unis pour soutenir les candidats républicains, mais sa campagne ressemble de plus en plus à un adieu scénique à ses propres partisans, selon le reportage publié jeudi 16 octobre par Orange Actualités.
Le président américain de 80 ans a été suivi mardi et mercredi par l'AFP lors d'un déplacement à l'Ouest, une suite rapide de meetings dans une vallée glaciaire d'Alaska, une plaine sèche d'Arizona et les forêts du Montana. Le bilan est rude : un sondage Fox News rendu public mercredi lui accorde seulement 36 pour cent d'opinions favorables, un plus bas historique, alimenté notamment par le mécontentement sur le coût de la vie.
Une campagne pour le parti ou pour soi-même ?
« Faites comme si j'étais sur le bulletin », lance Trump mercredi à Bullhead City, en Arizona, casquette rouge sur la tête. La formule résume tout le paradoxe de cette tournée : le président vient battre le rappel pour le parti républicain, mais les sondages prédisent qu'il perdra le 3 novembre la Chambre des représentants, voire le Sénat.
Le dirigeant assume de se rendre en terrain conquis. Le comté où il se trouvait en Arizona a voté pour lui à près de 78 pour cent en 2024, et l'Alaska comme le Montana lui avaient également donné une victoire large face à la démocrate Kamala Harris. « Nous avons recréé l'esprit de la campagne de 2024 », assure-t-il aux journalistes.
À chaque étape, les partisans du noyau dur du mouvement MAGA se déplacent en nombre, prêts à pardonner au président la flambée des carburants comme la guerre en Iran. « Le pays doit être un peu plus patient. Il y a beaucoup de choses dans le monde qu'il ne contrôle pas mais dont il doit s'occuper », plaide Theresa Hallesy, une retraitée de 68 ans interrogée par l'AFP dans le Montana après avoir attendu plus de sept heures l'arrivée du président.
Des candidats locaux relégués au second plan
Paradoxe révélateur : Trump n'accorde que peu de temps aux candidats qu'il est censé soutenir. « Je veux que tu montes sur scène une minute parce que nous ne voulons pas t'entendre deux ou trois minutes, juste une minute », lance-t-il à Andy Biggs, conservateur qui brigue le poste de gouverneur de l'Arizona.
Chaque étape a pourtant ses annonces taillées sur mesure. En Alaska, État dont l'économie dépend fortement des hydrocarbures, le président a vanté un grand projet de gaz naturel liquéfié dans une patinoire de hockey reconvertie en salle de meeting. Il a également signé des grêces présidentielles en faveur de deux garagistes condamnés pour avoir modifié des moteurs diesel afin de contourner la législation sur les émissions, déroulant ainsi son argumentaire climatosceptique.
Autre promesse récurrente : chaque Américain toucherait 5 000 dollars si les républicains conservent la majorité au Congrès. Le financement éventuel de cette mesure, très critiquée par l'opposition, reste obscur, souligne Orange Actualités.
Un avion qatari de 400 millions de dollars en terrain pauvre
En Arizona, le milliardaire a fait étalage du nouvel avion présidentiel, luxueux cadeau du Qatar estimé à 400 millions de dollars. « Quand on vous fait des cadeaux, vous les prenez, non ? », plaisante-t-il sur scène. La blague est tombée à plat auprès d'une assistance venue d'une circonscription où le taux de pauvreté et le taux de chômage dépassent nettement la moyenne nationale.
Dans le Montana, des milliers de supporters ont ri à une imitation désormais familière du président français Emmanuel Macron et ovationné Trump quittant la scène au son de « YMCA ». Une scène vue par les observateurs comme l'ultime tournée d'un spectacle dont le premier rôle et les spectateurs seraient déjà nostalgiques.
La tentation du troisième mandat
Trump a ensuite évoqué avec regret la fin de son mandat, prévue « dans deux ans et demi, maintenant un peu moins que ça, malheureusement ». « J'ai dit ça hier et ils ont commencé à crier quatre ans de plus », a-t-il ajouté, avant de s'interrompre et d'attendre que quelques voix, sans immense conviction, reprennent le slogan.
Pour les observateurs camerounais, ce spectacle offre une leçon utile : la grande démocratie américaine, si prompte à donner des leçons de gouvernance au reste du monde, peine elle-même à masquer ses divisions internes et la fatigue d'un électorat confronté à la vie chère. Pendant que Washington s'enlise dans ses batailles partisanes, les peuples africains savent que leur souveraineté et leur stabilité ne se décrètent pas dans les meetings électoraux.
Ce que disent les sondages pour le 3 novembre
Les enquêtes d'opinion créditent les démocrates d'une victoire probable à la Chambre des représentants, avec un Sénat également menacé. Un échec au Congrès réduirait considérablement la marge de manœuvre de Trump pour les deux dernières années de son mandat, notamment sur les questions budgétaires et migratoires.
Questions fréquentes
Quand ont lieu les élections de mi-mandat américaines ?
Elles se tiennent le 3 novembre 2026, soit environ deux ans après l'élection présidentielle remportée par Donald Trump en 2024.
Quel est le taux d'opinions favorables de Trump selon Fox News ?
Le sondage rendu public mercredi 16 octobre 2026 lui accorde 36 pour cent d'opinions favorables, son plus bas depuis son retour à la Maison-Blanche.
Pourquoi la tournée de Trump est-elle qualifiée de dernier tour de piste ?
Parce que le président, qui ne peut se représenter en principe, semble chercher la ferveur de ses partisans pour lui-même davantage que le soutien aux candidats républicains locaux.
