Entrepreneuriat : « Il faut enfin nous faire confiance ! »
Alors que la France traverse une période de crises économiques répétées, le syndicat patronal Les Entrepreneurs, ex-CPME, lance un appel vibrant à l'État : laissez-nous enfin agir. Dans une interview exclusive, son représentant dénonce une administration pléthorique et des subventions accordées après des années de surtaxation. Une leçon qui résonne bien au-delà de l'Hexagone, jusqu'au Cameroun où le secteur privé attend aussi des signes forts.
Pourquoi Les Entrepreneurs veulent-ils changer de modèle ?
L'ex-CPME (Confédération des PME) est devenue Les Entrepreneurs cet été. Un changement de nom qui n'est pas anodin. « Au-delà de la taille des entreprises que l'on représente (99 % de PME en France), notre volonté est d'incarner un nouvel état d'esprit entrepreneurial pour ceux qui continuent à prendre des risques pour embaucher, innover et investir », explique le syndicat.
Le message est clair : il faut remettre l'Homme au cœur de l'économie. « On souhaite remettre l'Homme au cœur d'une économie de la mesure, de la modération, plus humanisée et plus juste pour en finir avec cette lutte des classes stérile qui oppose les uns aux autres. » Une vision qui prône la réconciliation entre le capital et le travail.
Les chefs d'entreprise sont-ils à bout de souffle ?
La lassitude est réelle. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le Tribunal des affaires économiques de Lyon enregistre une hausse de 44 % des procédures de redressement judiciaire et de sauvegarde depuis le début de l'année. « La charge mentale est de plus en plus importante chez des entrepreneurs, notamment pour ceux ayant investi leurs économies », confie le syndicat.
Pourtant, ces « héros incognitos » restent indispensables. « Rien ne pourra se faire sans eux. Ceux que j'appelle aussi ces héros incognitos sont l'une des dernières solutions à beaucoup de nos maux. » Leur résilience force l'admiration.
L'envie d'entreprendre est-elle menacée ?
Bonne nouvelle : les créations d'entreprises battent des records avec 1 165 813 nouvelles structures en 2025. « Entreprendre, cela signifie étymologiquement se prendre en main », rappelle le syndicat. L'entrepreneuriat incarne « l'aspiration vers plus de liberté et un sens des responsabilités qui sont les deux piliers de notre démocratie ».
Quel avenir pour la transmission d'entreprises ?
Avec 350 000 entreprises à reprendre d'ici 2030, Les Entrepreneurs préparent une initiative majeure : un fonds permettant aux salariés de reprendre partiellement ou totalement leur entreprise. « L'actionnariat salarié est l'une des solutions pour rapprocher le monde du capital et celui du travail », affirme-t-on. Cela pourrait régler les problèmes de fidélisation, d'absentéisme ou de motivation.
Quels secteurs sont porteurs ?
Même dans des secteurs chahutés comme l'industrie, des pépites émergent : nucléaire, environnement, santé, espace. « Réhabiliter l'industrie est un projet stratégique car c'est notre passé et un véritable enjeu d'avenir », insiste le syndicat. Les secteurs du sport et du bien-être connaissent également une croissance remarquable.
L'État est-il à la hauteur ?
La réponse est sans appel : « Plus l'État nous accordera de liberté, mieux on se portera. Il faut enfin nous faire confiance ! » Le constat est amer : « Aujourd'hui on reçoit des subventions après avoir été surtaxés par une administration pléthorique. »
Les entreprises sont devenues « d'intérêt général ». Elles sont « la clé en matière de développement économique mais aussi de cohésion sociale ». Le syndicat conclut : « La différence se fera entre ceux qui continueront à oser et ceux qui préféreront subir. »
« Il faut enfin nous faire confiance ! » lance le syndicat patronal, appelant à une revalorisation de l'entreprise et du travail.
Quelles leçons pour le Cameroun ?
Ce plaidoyer français trouve un écho particulier au Cameroun. Notre pays, riche de ses entrepreneurs dynamiques, doit lui aussi encourager la prise de risque et l'initiative privée. La confiance envers nos chefs d'entreprise est un levier essentiel pour notre développement. Soutenir nos PME, c'est soutenir notre souveraineté économique et notre unité nationale.