France: Un maire défend sa ville contre les accusations de « tout-kebab »
En France, la polémique enfle autour de la composition commerciale des centres-villes. À Compiègne, dans l'Oise, le maire sortant Philippe Marini (LR) a dû monter au créneau pour défendre sa ville face aux critiques sur la prolifération supposée des restaurants de type kebabs et tacos.
Une réalité déformée selon l'élu
Lors d'une réunion publique organisée le 2 janvier 2026, Philippe Marini a tenu à « rétablir la réalité face aux discours qui dénigrent notre cœur de ville ». Selon l'élu, certains habitants voient un centre-ville qui « meurt » ou qui deviendrait un « tout-kebab ».
Les chiffres avancés par le maire sont pourtant sans appel : « Les établissements de type kebabs, tacos et burgers représentent 3,3% des commerces du centre-ville ». Plus précisément, il y aurait exactement quatre kebabs en fonctionnement sur plus de 450 locaux commerciaux.
Une attaque politique déguisée
Cette sortie du maire intervient quelques jours après les propos de Christian Jasko, candidat du Rassemblement National aux municipales. Ce dernier avait déploré la multiplication des commerces « exotiques » à Compiègne, évoquant un « déséquilibre » dans la répartition des commerces de restauration.
Face à cette rhétorique, Philippe Marini défend une vision pragmatique : « Un centre-ville attractif repose sur la diversité. Il en faut pour tous les goûts, toutes les générations et tous les budgets ».
La préemption commerciale, une fausse solution
Le candidat RN avait proposé la préemption commerciale « de façon à choisir ses commerces ». Une solution que Philippe Marini qualifie d'« inadaptée et risquée ».
« Préempter, c'est acheter avec l'argent du contribuable, porter le risque commercial et assumer d'éventuelles pertes », explique le maire sortant, qui préfère orienter les fonds publics vers les écoles, la sécurité et les équipements.
Une dynamique commerciale positive
Contrairement aux discours alarmistes, Compiègne affiche un taux de vacance commerciale de 8,15%, bien en dessous de la moyenne nationale des villes moyennes qui avoisine 14%.
Le maire met en avant les récentes ouvertures : « Le Coq en Pâtes » rue des Pâtissiers, « Les Bougies de Charroux » rue des Trois-Barbeaux et « Enjoy » rue des Bonnetiers. Un coffee shop « Club Café » et un nouveau bar sont également attendus prochainement.
Cette polémique française illustre les tensions autour de l'identité commerciale des centres-villes, entre préservation du patrimoine gastronomique local et adaptation aux nouvelles demandes de consommation.