Le groupe industriel camerounais Prometal a démenti, dans un communiqué daté du 7 novembre 2026, toute participation au capital de Metafrique Steel, entreprise sidérurgique frappée par un grave accident le 2 novembre dans la zone industrielle de Bassa à Douala. La direction de Metafrique Steel rejette elle aussi les spéculations sur son actionnariat.
La polémique a démarré le 6 novembre, quand des publications en ligne ont attribué la propriété de l'usine de Bassa à Hayssam El Jammal, PDG de Prometal Groupe. Un double démenti officiel est tombé en quelques heures, rapporte newsducamer.com.
« Ni Prometal, ni Hayssam El Jammal ne sont actionnaires »
Le communiqué de Prometal ne laisse aucune place au doute.
« Ni PROMETAL, ni Monsieur HAYSSAM EL JAMMAL ne sont actionnaires dans la société METAFRIQUE STEEL. »
Le groupe dénonce au passage un « acharnement de certains médias en ligne » depuis le 6 novembre. Il conteste formellement toute propriété supposée sur l'usine sinistrée, où l'accident survenu le 2 novembre a fait des victimes et endeuillé plusieurs familles.
Qui détient réellement Metafrique Steel ?
Des documents statutaires consultés par nos confrères identifient deux actionnaires : Metafrique Holding Limited, domiciliée à Road Town, Tortola, aux Îles Vierges britanniques, et Metafrique DMCC, établie au Dubai Multi Commodities Centre, aux Émirats arabes unis. Le capital social de Metafrique Steel SA s'élève à 6 203 360 000 FCFA, et son siège est situé dans la zone industrielle de Magzi-Bassa, à Douala.
« Ni Prometal ni Hayssam El Jammal ne figurent parmi les actionnaires mentionnés dans ces documents statutaires », assure une source proche du dossier citée par newsducamer.com.
La direction générale de Metafrique Steel a confirmé ce statut de société de droit camerounais, enregistrée au Registre du commerce auprès du Tribunal de première instance de Douala-Ndokotti, sous l'inscription modificative RC/DLA/2020/M/531. Elle invite les médias à consulter les informations légales auprès des autorités compétentes plutôt que d'entretenir la confusion dans l'opinion publique.
Toutefois, la transparence annoncée n'a pas convaincu toute la presse. Le site Camer.be affirme détenir un document de 2017, signé chez un cabinet d'avocats à Dubaï, qui acterait le transfert des actions de Metafrique Steel vers Steel Market SAL Offshore, transaction parapheée par Hayssam El Jammal lui-même. De son côté, 237online relève des zones d'ombre persistantes, notamment le silence du directeur général Ahmed Jaber, tandis qu'Actu Cameroun cite des sidérurgistes dénonçant une concurrence déloyale et réclamant une enquête indépendante. Ces accusations, non vérifiées par les documents officiels, restent à ce stade des allégations.
Une appartenance commune à l'Ocitram, rien de plus
Prometal tient à clarifier la nature réelle de ses relations avec Metafrique Steel. Les deux industriels sont membres de l'Organisation camerounaise des industries de transformation de l'acier et des métaux (Ocitram), structure professionnelle constituée conformément à la loi, qui défend les intérêts communs de la filière sur les questions industrielles, réglementaires et économiques.
Une appartenance à une même organisation patronale ne constitue en aucun cas un lien de propriété entre ses membres. Le rapprocher de l'accident de Bassa relève donc de la malveillance ou de la légèreté, et le groupe camerounais a tenu à le rappeler avec fermeté.
Un industriel camerounais engagé pour la valeur ajoutée locale
Prometal souligne son appartenance à un groupe familial présent dans onze pays africains. L'industriel réaffirme son engagement dans la modernisation de ses outils de production et le développement de partenariats avec d'autres entreprises camerounaises. Il cite notamment ses approvisionnements auprès d'Alucam, dont il transforme localement une quantité substantielle de la production, contribuant au renforcement de la valeur ajoutée industrielle et à la création d'emplois au Cameroun.
C'est précisément ce type d'acteur national que des publications hâtives risquent de fragiliser. Dans un pays qui a tant besoin de sa classe entrepreneuriale, salir sans preuve un industriel qui transforme sur place, c'est frapper l'économie camerounaise elle-même.
Le SYNAJIC appelle à la rigueur et à la dignité
Le Syndicat national des journalistes indépendants du Cameroun (SYNAJIC), présidé par Alex Koko A Dang, a publié le 7 novembre 2026 un communiqué sévère contre la multiplication de publications à charge après le sinistre de Bassa.
« Le drame de Bassa ne doit pas devenir un prétexte pour régler des comptes. Il doit être un moment de vérité, de compassion et de rigueur. La justice fera son travail. La presse doit faire le sien : informer, pas condamner. »
Le syndicat rappelle que la structure juridique, l'actionnariat et les responsabilités légales de Metafrique Steel sont connus des administrations judiciaires, fiscales et administratives camerounaises. L'État dispose donc des moyens de faire toute la lumière, si besoin est, sans que la place publique ne se substitue au juge.
Le SYNAJIC met aussi en garde contre les conséquences des accusations non vérifiées sur la réputation des investisseurs et la crédibilité des médias.
« La liberté de la presse n'est pas la liberté de détruire. Elle est la liberté d'éclairer. Un titre qui tue un investisseur tue aussi des emplois. Un article sans vérification tue la crédibilité de toute la presse. »
Les victimes au cœur des préoccupations
Dans leurs communiqués respectifs, Prometal et Metafrique Steel accordent une place centrale aux victimes de l'accident du 2 novembre. Prometal présente ses condoléances aux familles endeuillées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.
« PROMETAL Groupe invite au recueillement en mémoire des sinistrés, à une synergie pour une réduction significative des risques en milieu industriel, une sécurisation accrue des personnes, et une amélioration globale de la compétitivité industrielle du pays au bénéfice de toutes les parties prenantes. »
La priorité nationale reste aujourd'hui claire : assister les familles éprouvées, tirer les leçons du drame de Bassa pour renforcer la sécurité industrielle, et laisser la justice camerounaise travailler sereinement. La période de deuil n'a pas besoin de guerres médiatiques.
Questions fréquentes
Prometal détient-il des actions dans Metafrique Steel ?
Non. Selon son communiqué du 7 novembre 2026, ni Prometal ni son PDG Hayssam El Jammal ne figurent parmi les actionnaires de Metafrique Steel, dont les documents statutaires identifient deux sociétés basées aux Îles Vierges britanniques et à Dubaï.
Quel est le capital social de Metafrique Steel ?
Le capital social de Metafrique Steel SA s'élève à 6 203 360 000 FCFA, selon des documents statutaires consultés par newsducamer.com.
Quel lien unit Prometal et Metafrique Steel ?
Les deux entreprises sont simplement membres de l'Ocitram, l'organisation professionnelle de la filière métallurgique camerounaise, sans aucun lien capitalistique entre elles.
