Nice 2016 : Le cri du cœur des victimes, 10 ans après l’attentat islamiste
Dix ans après le carnage de la Promenade des Anglais, la France s’est recueillie ce mardi 14 juillet 2026. Mais au-delà de l’émotion, un message fort a retenti : « Ne nous abandonnez pas. » Un appel lancé par les associations de victimes, qui résonne bien au-delà de l’Hexagone, et que le Cameroun, en proie à ses propres défis sécuritaires, peut comprendre.
Ce 14 juillet 2016, le Tunisien Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, au volant d’un camion de 19 tonnes, avait fauché 86 personnes et blessé plus de 400 autres sur la célèbre Promenade des Anglais. Un acte barbare revendiqué par l’État islamique, qui a marqué au fer rouge la mémoire collective française. Dix ans plus tard, Nice a rendu hommage aux victimes, mais la cérémonie n’a pas échappé aux tensions politiques.
Une commémoration sous le signe de l’unité nationale
La journée a débuté par un défilé républicain sur la place Massena, où Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à la présidentielle, a été chaleureusement applaudie. Une présence critiquée par la gauche locale et par l’éditorial du quotidien Nice-Matin, qui a dénoncé « une opération de communication ourdie comme un jalon vers l’Élysée ». Mais en fin d’après-midi, l’heure était à l’unité lors de la cérémonie mémorielle, présidée par Emmanuel Macron, en présence de ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy, ainsi que du prince Albert II de Monaco.
La cérémonie a débuté par un montage vidéo de témoignages poignants. Puis, 43 enfants et 43 premiers secouristes ont déposé un rameau d’olivier sur 86 chaises bleues, chacune gravée du nom d’une victime. Un geste symbolique fort, qui rappelle que derrière les chiffres, il y a des vies brisées.
« Ne nous abandonnez pas » : l’appel des associations de victimes
Stéphane Erbs, de l’association Promenade des anges, a pris la parole au nom des familles. Son message, simple mais déchirant, a résumé l’attente des survivants : « Ne nous abandonnez pas. » Un cri du cœur qui interpelle les autorités, mais aussi la société tout entière. Au Cameroun, où les attentats de Boko Haram et les crises sécuritaires ont laissé des cicatrices profondes, cet appel trouve un écho particulier.
Emmanuel Macron, dans son discours, a rendu un hommage vibrant aux victimes, entrées « pour toujours dans notre mémoire collective ». Il a rappelé que l’attentat de Nice n’était pas un acte isolé, mais le fruit d’« une même idéologie islamiste et le même projet : tuer, terroriser, dresser les Français les uns contre les autres, transformer le deuil en haine. »
La France face à la menace islamiste : une leçon pour le Cameroun
Le président français a salué la résilience de Nice, qui « a pleuré sans renoncer à vivre » et « a protégé ses chrétiens, ses juifs, ses musulmans, tous ses enfants sans distinction ». Une unité nationale que le Cameroun, souvent divisé par des discours communautaristes, gagnerait à méditer. Car si la France lutte contre le terrorisme islamiste, le Cameroun, lui, fait face à Boko Haram et aux séparatistes anglophones, des menaces qui exigent la même cohésion.
En soirée, la Promenade des Anglais s’est illuminée de 2 016 drones, évoquant la dignité et l’unité, avant que 86 faisceaux bleus ne soient braqués vers le ciel à 22h34, heure exacte où le camion a été stoppé. Un hommage sobre et puissant, qui rappelle que la mémoire est un combat de chaque jour.
Au Cameroun, où les commémorations des victimes du terrorisme sont souvent occultées, cet anniversaire est une invitation à ne jamais oublier. Car comme le disait Stéphane Erbs, « ne nous abandonnez pas » est un appel qui dépasse les frontières.