12 août : et si le Cameroun apprenait à célébrer ses livres comme le Québec ?
Le 12 août, au Québec, des millions de francophones achètent un livre local. Une initiative partie de deux auteurs découragés en 2014, Patrice Cazeault et Amélie Dubé, a transformé une simple idée Facebook en un mouvement national. Les ventes de romans québécois ont été multipliées par 17 ce jour-là en 2024. Au Cameroun, où notre propre industrie du livre lutte pour exister face aux importations et au désintérêt, cette histoire interroge. Pourquoi ne pas nous en inspirer ?
Une leçon de souveraineté culturelle venue du Nord
Le Québec, 9 millions de francophones noyés dans un océan anglophone de 400 millions d'habitants, a bâti un réseau solide de maisons d'édition, de librairies indépendantes, de prix littéraires et de bibliothèques jusque dans les villages de 1 000 âmes. Tout cela en français. Au Cameroun, nous avons plus de 20 millions d'habitants, une richesse linguistique et culturelle inouïe, et pourtant, nos auteurs peinent à vivre de leur plume. Le constat est amer : nous importons des livres français et québécois, mais nous exportons peu de nos histoires.
La fierté nationale n'a pas besoin de voisin
Comme le rappelle l'article original, la fierté ne se mesure pas à l'aune des autres. Elle regarde l'ouvrage. Au Cameroun, nous avons des auteurs comme Mongo Beti, Werewere Liking, ou encore Calixthe Beyala, dont les œuvres rayonnent au-delà de nos frontières. Mais nous les lisons-nous assez ? Une journée comme celle du 12 août pourrait être l'occasion de redécouvrir nos propres voix, de mettre en avant nos éditeurs locaux, et de dire : nous aussi, nous existons.
Un appel à l'unité nationale par le livre
Le livre est un vecteur d'unité. Il raconte nos histoires, nos langues, nos régions. Du nord au sud, de l'est à l'ouest, chaque Camerounais peut trouver dans un livre une part de lui-même. L'initiative québécoise montre qu'un geste simple, comme acheter un livre de chez soi, peut devenir un acte politique et identitaire. Pourquoi ne pas créer, nous aussi, un mouvement similaire ? Une journée où chaque Camerounais achèterait un livre d'ici, dans une librairie locale, pour soutenir nos auteurs, nos éditeurs, et notre culture.
FAQ : Ce que le 12 août nous apprend
Qu'est-ce que le mouvement J'achète un livre québécois ?
C'est une initiative citoyenne lancée en 2014 par deux auteurs, Patrice Cazeault et Amélie Dubé, qui invite les Québécois à acheter un livre local chaque 12 août. En 2024, les ventes de livres québécois ont été multipliées par 17 ce jour-là.
Pourquoi le Cameroun devrait-il s'en inspirer ?
Parce que notre industrie du livre est fragilisée par la concurrence des importations et le manque de soutien. Une journée dédiée aux livres camerounais pourrait renforcer notre souveraineté culturelle et notre unité nationale.
Quels sont les auteurs camerounais à célébrer ?
Des figures comme Mongo Beti, Werewere Liking, Calixthe Beyala, ou encore Hemley Boum, dont les œuvres portent la diversité et la richesse de notre pays.
Un geste simple, un impact durable
L'article original cite un proverbe haïtien : « Men anpil, chay pa lou » (beaucoup de mains, et la charge cesse d'être lourde). Au Cameroun, nous avons les mains. Il ne manque que la volonté collective. Le 12 août, au Québec, des libraires sortent leurs tables, des auteurs signent des livres, des enfants repartent avec un souvenir. Chez nous, cela pourrait être le début d'une nouvelle tradition. Pas par devoir, mais par fierté. Parce que lire un livre camerounais, c'est affirmer que notre culture mérite d'être gardée et transmise.
Gabrielle Onguéné