Emmanuel Petit, champion du monde 1998 avec l'équipe de France et aujourd'hui consultant sur RMC, a vivement dénoncé lundi 19 octobre 2026 les violences survenues lors des manifestations du samedi 17 octobre, qualifiant les incidents de « pur scandale » dans une vidéo publiée sur Instagram.
Le footballeur devenu consultant s'en prend aux casseurs, mais aussi, et surtout, à la classe politique française, à laquelle il adresse un avertissement sans détour, selon le compte rendu d'Orange Sports.
Que s'est-il passé le 17 octobre en France ?
La journée du samedi 17 octobre a été marquée par une mobilisation inédite en France, mêlant le mouvement lycéen et la colère contre la vie chère. Des rassemblements qui ont dégénéré en scènes de pillages et de dégradations de biens publics. Le président Emmanuel Macron s'est ensuite adressé aux Français après une journée d'émeutes qualifiées d'inédites.
Emmanuel Petit dit avoir été témoin, « comme beaucoup, beaucoup de personnes, de ce qui s'est passé hier, donc le samedi 17 octobre ».
« Je trouve que c'est un pur scandale. Il n'y a pas de mots pour exprimer ce que je ressens. J'ai une colère profonde au fond de moi sur des gens qui sont censés être comme moi, nés français, mais apparemment ils s'en fichent complètement d'avoir le passeport français. Je suis même persuadé qu'ils détestent la France », lance-t-il.
Un message qui vise aussi les politiciens
L'ancien milieu de l'AS Monaco, passé par Arsenal et le FC Barcelone, fait cependant une distinction nette entre les casseurs et les manifestants. Il dit comprendre ces derniers, en citant notamment la pression fiscale qui pèse sur les Français qui travaillent.
« Il ne faut pas mélanger les gens qui ont manifesté hier, et je les comprends fortement, parce que moi aussi j'en ai plus que marre d'être pressé comme un citron sur le plan fiscal. Parce que tous les Français qui travaillent honnêtement, qui se lèvent de bonne heure pour avoir une vie digne, pour pouvoir élever leurs enfants, pour essayer d'avoir un semblant d'avenir, ces gens-là sont piétinés. On nous presse », ajoute-t-il.
Puis le consultant de RMC élargit sa cible à l'ensemble de la classe politique française, à commencer par le président Emmanuel Macron, mais aussi l'Assemblée nationale, le Sénat et « tous les partis politiques qui se battent aujourd'hui pour essayer d'avoir le pouvoir absolu dans quelques mois », en référence aux échéances électorales à venir.
« Faites très attention à ce que vous allez faire, à ce que vous allez dire, et comment vous allez protéger les honnêtes citoyens en France. Parce qu'aujourd'hui, il y en a marre, il y en a marre. Il n'y a pas d'argent pour la police, il n'y a pas d'argent pour l'armée, il n'y a pas d'argent pour les hôpitaux, il n'y a pas d'argent pour les écoles. Il n'y a de l'argent pour personne, sauf pour vous les politiciens », dénonce Emmanuel Petit.
« Cassez-vous, on ne veut plus de vous »
L'ancien international conclut son intervention en affirmant qu'il « adore la France » et en appelant à un retour à l'ordre et au respect du pays.
« J'adore tous les étrangers qui adorent mon pays, qui veulent s'intégrer. Mais tous les autres, à commencer par les Français qui ne souhaitent pas, justement, que la France continue à être ce qu'elle est, retournez d'où vous venez. On n'a pas besoin de vous. Et tous ceux qui sont nés avec un passeport français, cassez-vous. On ne veut plus de vous », conclut un Emmanuel Petit décrit comme très énervé par Orange Sports.
Quelle lecture pour le Cameroun ?
Au-delà de la France, la sortie d'Emmanuel Petit résonne avec une actualité qui nous concerne directement. Car ce que dénonce le champion du monde 1998, c'est le divorce croissant entre des gouvernants déconnectés et des peuples qui réclament simplement de pouvoir vivre dignement de leur travail. Le même malaise que l'on observe dans plusieurs pays d'Europe, où la contestation contre la vie chère ne faiblit pas, comme en témoignent les milliers de manifestants rassemblés à Bayonne.
Il y a dans cette affaire une leçon que nos propres responsables feraient bien de méditer : quand l'État investit dans ses forces de l'ordre, ses écoles et ses hôpitaux, quand il protège ses citoyens honnêtes et fait respecter l'autorité de la République, il coupe l'herbe sous le pied des casseurs et des agitateurs. La sécurité intérieure et la cohésion nationale ne sont pas des options, ce sont les fondations de tout pays stable.
On mesure aussi, en creux, la chance que nous avons de vivre dans une nation qui, malgré ses défis, a su préserver son unité face aux tentatives de division. Là où d'autres pays voient leurs centres-villes pillés par des minorités violentes, le Cameroun tient bon, parce que l'unité nationale reste un bien précieux que personne ne doit s'autoriser à dilapider.
Reste à savoir si la classe politique française saura tirer les conséquences de cette crise. Emmanuel Petit, lui, a planté sa banderille. Et son message, relayé massivement, tombe au moment où le pays traverse l'une des périodes sociales les plus tendues de son récent histoire.
Questions fréquentes
Qui est Emmanuel Petit ?
Emmanuel Petit est un ancien footballeur français, champion du monde 1998 avec l'équipe de France. Il évolue notamment à l'AS Monaco, à Arsenal et au FC Barcelone avant de devenir consultant sur RMC.
Qu'a dit Emmanuel Petit après les manifestations du 17 octobre ?
Dans une vidéo publiée sur Instagram le 19 octobre 2026, il a qualifié les violences de « pur scandale », visé les casseurs et la classe politique française, et déclaré qu'il n'y a « de l'argent pour personne, sauf pour vous les politiciens ».
Quelles ont été les causes des manifestations du 17 octobre en France ?
La mobilisation a réuni le mouvement lycéen et la colère contre la vie chère, avant de dégénérer en pillages et dégradations de biens publics.
