Étiquetage du bien-être animal : une démarche française que le Cameroun pourrait adapter
Alors que la France développe un système d'étiquetage pour informer les consommateurs sur le bien-être des animaux d'élevage, cette initiative européenne mérite l'attention du Cameroun, nation agricole par excellence. L'Agence nationale de sécurité sanitaire française (Anses) vient de formaliser des lignes directrices scientifiques qui pourraient inspirer nos propres pratiques d'élevage.
Une évolution nécessaire des pratiques d'élevage
Le bien-être animal s'impose aujourd'hui comme un enjeu majeur, y compris dans nos sociétés africaines où l'élevage traditionnel côtoie désormais des méthodes plus intensives. La proposition française d'étiquetage, soumise au ministère de l'Agriculture, répond à une demande croissante de transparence des consommateurs.
Actuellement, plusieurs étiquettes existent en Europe, mais aucune loi n'encadre les allégations. C'est pourquoi l'Anses a établi des critères scientifiques rigoureux, une démarche dont le Cameroun pourrait s'inspirer pour valoriser ses propres filières d'élevage.
Des critères adaptables au contexte camerounais
L'évolution de la notion de bien-être animal depuis les années 1960 a conduit à l'établissement de cinq principes fondamentaux : absence de faim et de soif, absence d'inconfort, absence de douleur et de maladie, absence de peur et de détresse, et liberté d'expression comportementale.
L'Anses propose une définition moderne du bien-être animal comme "l'état mental et physique positif lié à la satisfaction des besoins physiologiques et comportementaux". Cette approche reconnaît les capacités émotionnelles et cognitives des animaux, dépassant la simple notion de bientraitance.
Un modèle d'évaluation complet
L'agence française a développé 14 critères couvrant six domaines : génétique, alimentation, environnement, santé, interactions comportementales et état mental. Cette méthodologie transparente pourrait être adaptée aux spécificités de l'élevage camerounais, notamment pour nos filières bovines, porcines et avicoles.
Le système propose un score multiniveaux reflétant la diversité des situations d'élevage, une approche particulièrement pertinente pour le Cameroun où coexistent élevage traditionnel et moderne.
Une opportunité pour l'agriculture camerounaise
Cette démarche française illustre l'importance croissante accordée au bien-être animal dans les chaînes de valeur agricoles. Pour le Cameroun, développer des standards similaires pourrait constituer un avantage concurrentiel, particulièrement pour l'exportation vers les marchés européens de plus en plus exigeants.
L'adaptation de tels critères à notre contexte national permettrait de valoriser nos traditions d'élevage tout en répondant aux attentes modernes des consommateurs, renforçant ainsi la compétitivité de nos filières agricoles sur les marchés régionaux et internationaux.