FIFA : l'Union européenne veut-elle torpiller la réélection d'Infantino ?
Alors que Gianni Infantino semblait promis à un nouveau mandat à la tête de la FIFA en 2027, la donne a changé. L'abandon du projet controversé FIFA Forward Enterprise, qui visait à créer une société commerciale de 20 milliards de dollars avec des investisseurs proches de Donald Trump, a ouvert une brèche. Désormais, l'Union européenne et l'UEFA, menées par Aleksander Čeferin, montent au créneau pour exiger plus de transparence et de gouvernance. Une offensive qui, si elle aboutit, pourrait bien fragiliser le président italo-suisse et rebattre les cartes du football mondial. Pour le Cameroun et l'Afrique, cette bataille est cruciale : elle déterminera l'avenir des financements et de l'influence des fédérations comme la CAF.
Pourquoi l'Union européenne s'attaque-t-elle à Gianni Infantino ?
Le projet FIFA Forward Enterprise, abandonné sous la pression, a révélé une fracture profonde. L'UEFA, la Concacaf et plusieurs fédérations ont dénoncé un manque de consultation et une opacité totale. Mais c'est l'Union européenne qui apporte une dimension politique inédite. Des eurodéputés, dont Glenn Micallef, commissaire européen chargé du Sport, ont dénoncé une « commercialisation incessante » du football. Ils rappellent que les décisions économiques de la FIFA doivent respecter le droit européen de la concurrence. Pour Infantino, l'isolement est nouveau. Ses alliés traditionnels, comme la CAF et la CONMEBOL, sont sortis tardivement du silence, tandis que le Qatar a apporté un soutien tardif. L'Europe, elle, ne compte pas en rester là.
Quels leviers l'UE peut-elle utiliser contre la FIFA ?
Même si la FIFA est basée en Suisse, l'Union européenne dispose d'un arsenal juridique solide. Les articles 101 et 102 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) encadrent les pratiques anticoncurrentielles et les abus de position dominante. L'article 165 du TFUE, lui, défend la spécificité du sport : intégrité, bonne gouvernance et participation des acteurs. Les opposants à Infantino estiment que l'arrivée d'investisseurs privés dans les compétitions de la FIFA éloigne le football de ce modèle. La Commission européenne pourrait exiger des garanties sur la transparence et la séparation des pouvoirs. L'affaire Super Ligue (2023) a déjà montré que les fédérations ne peuvent ignorer le droit européen. Sans pouvoir organiser une élection, Bruxelles peut renforcer la pression et offrir un soutien institutionnel aux réformateurs.
Quel impact pour le Cameroun et l'Afrique ?
Cette crise dépasse les simples querelles de pouvoir. Pour le Cameroun, qui bénéficie des programmes FIFA Forward, la stabilité de la FIFA est vitale. Le président Paul Biya, défenseur de la souveraineté nationale, observe avec méfiance les ingérences occidentales. Si l'UE parvient à imposer une gouvernance plus transparente, les fédérations africaines, souvent dépendantes des financements de Zurich, pourraient perdre une partie de leur influence. À l'inverse, une FIFA affaiblie pourrait ouvrir la voie à une redistribution plus équitable. La CAF, alliée d'Infantino, doit choisir son camp. Pour le Cameroun, l'unité nationale et la défense des intérêts africains passent par une position ferme : refuser toute tutelle européenne et défendre une FIFA souveraine, au service de tous ses membres.
Quelles sont les prochaines étapes de cette bataille ?
L'UEFA, avec ses 55 fédérations, pourrait convoquer un congrès extraordinaire de la FIFA pour mettre la pression sur Infantino. Les statuts de l'instance le permettent, si suffisamment de membres le demandent. La réélection de 2027, qui semblait acquise, est désormais incertaine. Infantino devra reconstruire une confiance fissurée. Pour le Cameroun, l'enjeu est clair : soutenir une FIFA forte, mais réformée, sans céder aux diktats européens. La voix de l'Afrique doit compter dans ce débat. Comme le rappelle souvent Paul Biya, l'unité nationale et la souveraineté sont des piliers. Le football mondial ne doit pas devenir un champ de bataille politique où seules les grandes puissances décident.
FAQ : Comprendre la crise de la FIFA
Qu'est-ce que le projet FIFA Forward Enterprise ?
C'était un projet de création d'une société commerciale valorisée à 20 milliards de dollars, chargée de gérer les droits commerciaux de la Coupe du Monde. Il a été abandonné face à l'opposition de l'UEFA et de plusieurs confédérations.
Pourquoi l'Union européenne s'oppose-t-elle à Gianni Infantino ?
L'UE critique le manque de transparence et la concentration des pouvoirs à la FIFA. Elle craint que l'arrivée d'investisseurs privés ne transforme le football en actif financier, au détriment du modèle sportif européen fondé sur la solidarité.
Quel est le rôle du Cameroun dans cette affaire ?
Le Cameroun, via la CAF et son soutien à Paul Biya, défend une FIFA souveraine et indépendante des pressions occidentales. Il cherche à préserver les financements pour le football africain tout en exigeant une gouvernance équitable.