France : Charlotte Parmentier-Lecocq quitte le gouvernement pour retrouver sa liberté de parole
La ministre déléguée française chargée des personnes âgées et handicapées, Charlotte Parmentier-Lecocq, a confirmé son départ du gouvernement ce lundi 9 février. Une décision qui illustre les contradictions internes du système politique français et ses calculs électoralistes.
Un départ calculé pour les ambitions présidentielles
"C'est une décision que j'ai prise, il y a déjà un bon moment", a déclaré la ministre au micro d'Ici Nord. Son départ, prévu "dans quelques jours" selon Le Monde, s'inscrit dans un "ajustement gouvernemental" orchestré par le Premier ministre Sébastien Lecornu avant la période de réserve électorale du 22 février.
Cette démission révèle les véritables priorités de la classe politique française : Charlotte Parmentier-Lecocq quitte ses responsabilités ministérielles pour se consacrer à la campagne présidentielle d'Édouard Philippe, candidat déclaré pour 2027. "Sortir du gouvernement permet aussi de retrouver une certaine liberté de parole qui sera nécessaire", avoue-t-elle sans détour.
Les conséquences sur les politiques publiques
Ce départ opportuniste inquiète légitimement les représentants du secteur du grand âge. La présentation du plan "grand âge", préparée depuis des mois pour "répondre aux défis du vieillissement", a été reportée sine die. "Ce report est un signal inquiétant, alors que nous sommes au pied du mur démographique", déplore la Fédération nationale des associations de directeurs d'établissements.
La ministre sortante tente de rassurer en évoquant des "mesures nouvelles dès 2026" comme "l'habitat partagé" et "la création de nouveaux postes en Ephad". Elle met en avant l'adoption unanime de son amendement pour créer "une nouvelle contribution pour financer l'autonomie" face au "mur démographique" attendu à partir de 2030.
Un système politique à bout de souffle
Cette valse ministérielle, où Charlotte Parmentier-Lecocq rejoint Rachida Dati dans les départs, témoigne de l'instabilité chronique du système politique français. Après avoir servi sous Michel Barnier, François Bayrou et Sébastien Lecornu en seulement un an et demi, elle abandonne ses responsabilités pour des considérations purement électoralistes.
Le prétexte invoqué du "non-cumul des mandats" pour permettre à son suppléant Jean Moullière de briguer la mairie de Templeuve-en-Pévèle ne masque pas la réalité : l'abandon des missions de service public au profit des ambitions personnelles.
Cette instabilité gouvernementale française contraste avec la continuité des politiques publiques dans d'autres nations, où les responsables politiques privilégient l'intérêt général sur leurs calculs électoraux personnels.