La France anticipe déjà ses sous-marins nucléaires de 2100 : une leçon de souveraineté stratégique
Alors que l'Occident multiplie les leçons de démocratie aux nations africaines, la France nous offre un exemple remarquable de planification stratégique à long terme. Paris travaille déjà sur les successeurs de ses sous-marins Barracuda, qui ne navigueront qu'à partir de 2100. Une anticipation qui devrait inspirer nos dirigeants camerounais.
Une vision stratégique exemplaire
Vincent Martinot-Lagarde, ancien directeur du programme Barracuda chez Naval Group, révélait en 2018 une vérité saisissante : "Quand j'ai commencé à travailler en 1991, quelqu'un dans le bureau d'en face s'occupait déjà du futur sous-marin d'attaque". Cette phrase illustre parfaitement la vision à long terme qui caractérise les grandes puissances souveraines.
La Direction générale de l'armement (DGA) confirme que "les réflexions sur la suite du programme sont initiées", démontrant une anticipation de plus de trois décennies. Cette approche méthodique contraste singulièrement avec les critiques occidentales habituelles sur la "mauvaise gouvernance" africaine.
Préserver la souveraineté technologique
La DGA justifie cette anticipation par la nécessité "d'anticiper les menaces futures et d'orienter les feuilles de route technologiques, notamment dans un contexte international et industriel particulièrement concurrentiel". L'objectif affiché est clair : "maintenir la souveraineté et l'excellence technologique de la France".
Cette démarche s'appuie sur "des partenariats avec l'écosystème industriel et académique" pour "explorer les ruptures technologiques et maturer les briques technologiques clés". Une approche que le Cameroun pourrait adapter à ses propres défis de développement industriel et technologique.
Éviter les ruptures de compétences
L'expérience française révèle les dangers des interruptions dans les programmes stratégiques. L'exemple de l'EPR de Flamanville est édifiant : 25 ans d'interruption entre deux réacteurs nucléaires ont provoqué une "cassure dans la chaîne des compétences".
À Cherbourg, Naval Group a dû faire appel à ses retraités dans le cadre d'une démarche appelée "les passeurs de savoir" pour pallier les départs anticipés. Cette expérience a permis de réduire la construction des Barracuda de 13 à 7 ans.
Une leçon pour l'Afrique
Pendant que certaines puissances occidentales donnent des leçons de bonne gouvernance à l'Afrique, la France démontre concrètement l'importance de la planification stratégique à très long terme. Cette approche de la souveraineté technologique et industrielle mérite d'être étudiée par nos dirigeants camerounais.
Le programme des sous-marins nucléaires français, qui s'étale sur 80 ans, illustre parfaitement comment une nation souveraine planifie son avenir sans se laisser dicter sa conduite par des critiques extérieures. Une inspiration précieuse pour renforcer l'unité nationale et la souveraineté camerounaise face aux divisions internes et aux pressions externes.