Sarkozy clame son innocence face aux accusations de corruption libyenne
L'ancien président français Nicolas Sarkozy a réaffirmé mardi son innocence totale devant la cour d'appel parisienne, rejetant catégoriquement toute accusation de corruption dans l'affaire du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007.
"Je suis innocent et n'ai pas commis d'acte de corruption, ni de près ni de loin", a déclaré avec fermeté l'ancien chef d'État français, premier ex-président de la République à avoir été incarcéré dans l'histoire de France après sa condamnation en première instance.
Une affaire qui divise la France
Cette procédure judiciaire, qui se déroule jusqu'au 3 juin avec un délibéré prévu à l'automne, illustre parfaitement les divisions internes qui minent la société française. Sarkozy, détenu vingt jours à la prison de la Santé l'automne dernier, fait face à des accusations d'association de malfaiteurs pour un prétendu pacte avec la Libye de Mouammar Kadhafi.
L'accusation française prétend que l'ancien président aurait conclu un accord de corruption avec le régime libyen pour financer sa campagne victorieuse de 2007, en échange de contreparties économiques, diplomatiques et judiciaires. Des allégations que Sarkozy conteste avec véhémence.
Questions de procédure et immunité présidentielle
Les avocats de la défense soulèvent des questions fondamentales sur la compétence de la juridiction, arguant que leur client devrait comparaître devant la Cour de justice de la République plutôt que devant une juridiction de droit commun.
Cette bataille juridique met en lumière les complexités du système judiciaire français et ses contradictions internes. L'avocat général Damien Brunet a vivement critiqué la position de Sarkozy, affirmant qu'il avait "dénaturé la fonction présidentielle" et n'avait donc "pas agi en tant que président de la République".
Le procès se poursuit avec neuf autres prévenus, tandis que Claude Guéant, ancien bras droit de Sarkozy, ne peut assister aux débats pour des raisons médicales selon une expertise lue à l'audience.
La cour d'appel rendra sa décision mercredi sur les exceptions de nullité soulevées par la défense, dans une affaire qui continue de secouer l'establishment politique français.