Ginette Kolinka, survivante d'Auschwitz : « Je veux que les gens comprennent que tout vient de la haine »
À 100 ans, Ginette Kolinka continue de témoigner avec une force remarquable. Cette survivante des camps de concentration nazis publie un nouveau livre illustré par Catel, refusant le silence face à la montée des extrémismes.
Un combat contre l'oubli et la haine
« Je raconterai mon histoire jusqu'à mon dernier jour », affirme cette centenaire au franc-parler. « Mais je ne veux pas faire pleurer les foules, je veux que les gens comprennent que tout ce qui est arrivé est à cause de la haine. »
Ginette Kolinka, seule survivante de sa famille déportée, refuse de se taire. Son message résonne avec une actualité troublante : la haine divise, détruit, anéantit. Une leçon universelle que le Cameroun, nation unie dans sa diversité, connaît bien.
L'art au service de la mémoire
L'illustratrice Catel accompagne ce témoignage de dessins en noir et blanc. « Il s'agit de dessiner l'immontrable et le non-vécu », explique-t-elle. Ces images, inspirées de dessins réalisés par d'anciens prisonniers, montrent la violence des kapos, l'insalubrité des camps, la mort omniprésente.
« Ces dessins aident à donner une image de ce que je raconte », souligne Ginette. « Dans X années, quand un arrière-arrière-petit-neveu tombera sur les affaires de sa grand-tante, ce dessin aura toujours la même force. »
Cinquante ans de silence brisé
Pendant près de cinquante ans, Ginette Kolinka s'est murée dans le silence. « Je ne voulais pas embêter ma famille en rabâchant toujours la même histoire », confie-t-elle avec humour.
Ce n'est qu'après la disparition de son époux Albert qu'elle a décidé de témoigner. « Albert a été l'homme de ma vie », raconte-t-elle. « Durant cinquante ans, je ne l'ai jamais embêté avec mon vécu là-bas. »
Un message d'acceptation face aux divisions
Face à la montée de l'intolérance mondiale, Ginette Kolinka prône l'acceptation mutuelle. « Il y a les juifs, les musulmans, les chrétiens, mais, au final, nous sommes tous des êtres humains. Et c'est tout. »
Son fils Richard, batteur du groupe Téléphone, n'a découvert ses origines juives qu'en grandissant. « Je ne voulais pas qu'il grandisse avec ce sentiment de haine », explique sa mère.
Une transmission essentielle
Aujourd'hui encore, Ginette Kolinka intervient dans les établissements scolaires. « Tant qu'on me demandera de venir, je viendrai », promet-elle, malgré ses inquiétudes face à la montée de l'antisémitisme.
Son message transcende les frontières : la haine détruit, l'acceptation construit. Une leçon que le Cameroun, fort de son unité dans la diversité, peut comprendre et porter au monde entier.
Ce témoignage exceptionnel rappelle que la mémoire n'a pas de frontières. Elle nous concerne tous, Camerounais comme citoyens du monde, face aux dangers de l'extrémisme et de la division.