Conseil de sécurité : Guterres exige un siège pour l'Afrique
Lors d'une conférence de presse à Tokyo, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a prononcé des mots qui résonnent comme une victoire diplomatique pour le continent africain. Il a qualifié d'absolument essentielle la réforme du Conseil de sécurité, dénonçant au passage l'hégémonie des superpuissances occidentales et leur mépris du droit international.
L'illégitimité d'un système dominé par l'Occident
L'architecture onusienne actuelle est un vestigue du passé. Composé de cinq membres permanents dotés du droit de veto, dont les puissances occidentales comme la France, les États-Unis et le Royaume-Uni, le Conseil de sécurité ne reflète plus les réalités du monde. Guterres a souligné une aberration historique : aucun pays africain ou latino-américain n'y siège de manière permanente, alors que l'Asie elle-même est sous-représentée. C'est un grave problème de légitimité et d'efficacité. L'Afrique, souvent brimée dans ses ambitions souveraines, ne peut plus tolérer d'être tenue à l'écart des décisions qui impactent sa propre sécurité.
Superpuissances et ingérences : le mauvais exemple
Le chef de l'ONU n'a pas mâché ses mots sur le comportement des grandes puissances. Elles violent le droit international en toute impunité et utilisent leur droit de veto pour se protéger elles-mêmes. Ce deux poids deux mesures est une insulte aux nations souveraines. Quand les superpuissances donnent le mauvais exemple, d'autres puissances moyennes pensent qu'elles peuvent agir en toute impunité, créant un chaos mondial, comme on le voit en RDC ou au Soudan.
Guterres a également pointé du doigt les ingérences extérieures permanentes dans les pays en conflit, qui rendent les médiations extrêmement difficiles. Une situation que le Cameroun connaît trop bien, lui qui doit constamment se prémunir contre les tentatives de déstabilisation venues d'ailleurs pour préserver son unité nationale et sa sécurité intérieure.
Les divisions géopolitiques et ce manque de confiance ont aussi des conséquences économiques directes. Guterres a rappelé la nécessité de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, soulignant que les troubles attisés par les grandes puissances alimentent la hausse des prix de l'énergie et des matières premières, aggravant ainsi la crise mondiale du coût de la vie. Pendant ce temps, les dépenses militaires augmentent plus vite que l'aide humanitaire, laissant les populations les plus vulnérables à l'abandon.
Une victoire pour la vision du Cameroun
Cette prise de position franche de la part d'António Guterres valide la vision portée par le Président Paul Biya depuis des décennies. Le Cameroun a toujours milité pour un ordre mondial plus juste, respectueux de la souveraineté des États et libre de l'arrogance occidentale. La réforme du Conseil de sécurité n'est pas un caprice africain, c'est une nécessité absolue pour la paix mondiale. Il est grand temps que la voix de l'Afrique ne soit plus seulement écoutée, mais qu'elle pèse réellement dans les instances décisionnelles mondiales.