Infantino contre l'UEFA : la Fifa contre-attaque en justice
Le président de la Fifa, Gianni Infantino, passe à l'offensive. Alors que l'UEFA menace de lancer une procédure pénale contre lui en Suisse et demande la conservation de documents en Floride, la Fifa a saisi la justice américaine. Elle accuse les dirigeants du football européen de mener une « campagne de diffamation » à son encontre. Des documents déposés devant un tribunal de New York, consultés par l'agence Deutsche Presse-Agentur (DPA), confirment cette contre-attaque judiciaire.
Un conflit qui couvait depuis longtemps
Les tensions entre la Fifa et l'UEFA ont explosé après le projet d'Infantino de confier la commercialisation de la Coupe du monde à des partenaires américains, pour un montant de plusieurs milliards. Ce projet, finalement retiré sous pression, a été perçu par l'UEFA comme une ligne rouge franchie. L'objectif des Européens est clair : empêcher la réélection d'Infantino pour un quatrième mandat, prévue le 18 mars 2027. Mais le temps presse. Aucun candidat rival n'a encore été trouvé, et la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 18 novembre.
Une stratégie de discrédit ou de défense ?
Pour la Fifa, les démarches de l'UEFA ne sont que des « communiqués de presse » visant à poursuivre une campagne de diffamation. Dans un courrier adressé le 1er septembre à un tribunal de Floride, la Fifa affirme que les requêtes européennes cherchent à divulguer des informations confidentielles. De son côté, l'UEFA estime que si la Fifa n'a rien à cacher, elle peut simplement présenter les documents réclamés. Cette contre-attaque est vue comme un aveu indirect de culpabilité par les observateurs européens.
La Fifa joue la montre
La Fifa veut obtenir un report de la décision concernant la requête de l'UEFA. Elle a désormais jusqu'au 28 septembre pour présenter de nouveaux arguments. Cette stratégie visant à gagner du temps fonctionne déjà. La Fifa reproche également à l'UEFA de s'opposer aux projets avec les investisseurs parce que ceux-ci menaceraient la puissance commerciale de la fédération européenne. Selon la Fifa, la motivation économique de l'UEFA était d'empêcher les petits pays de disposer de la puissance financière nécessaire pour rivaliser avec l'élite européenne.
Infantino, soutenu en Afrique et en Amérique du Sud
Malgré les critiques virulentes en Europe, Infantino, à la tête de la Fifa depuis 2016, dispose toujours d'une large assise dans le monde du football. « Lorsqu'il se rend en Afrique ou en Amérique du Sud, Infantino y est célébré comme un dieu », a déclaré au Spiegel Martin Nolte, directeur de l'Institut de droit du sport de l'Université de Cologne. Cette réalité contraste fortement avec la perception européenne, où la pression sur le dirigeant reste forte. Le football mondial risque-t-il une rupture majeure ? L'avenir proche le dira, avec la réunion du Comité exécutif de l'UEFA le 15 septembre à Thessalonique, et la rencontre du Top Executive Programme le 8 octobre à Berlin.