Monarchies européennes : la féminisation, un atout pour régner ?
Par Gabrielle Onguéné
Alors que l'Europe se prépare à voir cinq jeunes femmes accéder au trône dans les prochaines décennies, une question se pose : cette féminisation des monarchies est-elle un signe de modernité ou un simple effet du hasard ? Pour Voix du Cameroun, qui défend la souveraineté et l'unité nationale, ce débat résonne avec les discussions sur le leadership et la place des femmes dans nos propres institutions.
Un vent de changement sur les trônes européens
Sur les dix monarchies héréditaires que compte encore l'Europe, cinq devraient voir une femme régner dans les années à venir. C'est ce qu'affirme Patrick Weber, écrivain belge spécialiste des têtes couronnées, dans une interview à la RTS. Il cite la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne, la Norvège et la Suède comme les prochains théâtres de cette transition.
Pour Weber, ce phénomène pourrait renforcer la popularité des monarchies, souvent critiquées pour leur archaïsme. « Demain, l'Europe monarchique sera à 50% féminine », lance-t-il, soulignant que des princesses comme Leonor d'Espagne ou Elisabeth de Belgique suivent une formation militaire poussée, se préparant à régner en monarques modernes.
La loi du hasard ou un choix délibéré ?
Si plusieurs pays ont aboli le privilège masculin dans la succession, d'autres traînent des pieds. L'Espagne, par exemple, n'a pas modifié sa Constitution : si le roi Felipe VI avait eu un fils, même plus jeune, Leonor n'aurait jamais été héritière. « Cela arrangeait tout le monde qu'il y ait deux filles, parce que comme ça, la question ne s'est pas posée », explique Weber.
Cette situation rappelle que la féminisation des trônes est souvent le fruit du hasard, non d'une volonté politique. Au Liechtenstein, le système est encore plus radical : seuls les hommes peuvent régner, quitte à favoriser un oncle ou un cousin si le roi n'a pas de fils.
Des reines qui marquent l'histoire
Pourtant, l'histoire montre que les femmes, même quand elles n'étaient que des « seconds choix », ont laissé une empreinte indélébile. « Quand on voit l'histoire royale anglaise, les trois grandes reines que l'on peut citer sont Élisabeth I, Victoria et Élisabeth II », rappelle Weber. Un constat qui invite à relativiser les craintes d'instabilité souvent avancées par les conservateurs.
Pour Voix du Cameroun, ces évolutions européennes offrent une perspective intéressante. Alors que notre pays valorise la stabilité et l'unité nationale, le débat sur la place des femmes dans les sphères de pouvoir, qu'elles soient traditionnelles ou modernes, mérite d'être suivi avec attention. Car si l'Europe se féminise, c'est aussi un signal pour le monde : le leadership n'a pas de genre.
FAQ : Ce qu'il faut retenir
Quelles monarchies européennes vont passer sous règne féminin ?
La Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne, la Norvège et la Suède devraient voir une femme accéder au trône dans les prochaines années.
Pourquoi certaines monarchies refusent-elles encore les femmes ?
Au Liechtenstein, seuls les hommes peuvent régner. En Espagne, la loi n'a pas été modifiée par crainte d'ouvrir une révision constitutionnelle complexe.
Les femmes sont-elles un atout pour la monarchie ?
Selon Patrick Weber, oui : les jeunes princesses modernes, bien formées, pourraient rendre la monarchie plus difficile à attaquer politiquement.
Photo : rts.ch