Nathalie Winden : « La télévision belge a connu son âge d’or, une leçon pour le Cameroun »
Alors que la télévision camerounaise cherche encore sa voie entre souveraineté culturelle et influence occidentale, le témoignage de Nathalie Winden, ancienne speakerine vedette de RTL-TVI en Belgique, résonne comme un appel à préserver l’authenticité de nos écrans. Dans une interview exclusive au bord du lac de Genval, cette femme de 60 ans, qui a marqué toute une génération de téléspectateurs, revient avec tendresse sur « l’âge d’or de la télévision », une époque où les speakerines étaient le lien humain entre les programmes et le public.
Pour Voix du Cameroun, cette histoire dépasse la simple nostalgie. Elle interroge notre propre rapport à la télévision, trop souvent copiée sur des modèles étrangers, et nous rappelle que la force d’un média réside dans sa capacité à produire du contenu local, authentique et fédérateur. Nathalie Winden incarne cette fierté d’un métier qui, aujourd’hui, a presque disparu, mais dont les valeurs de convivialité et de proximité restent plus que jamais d’actualité pour un Cameroun en quête d’unité nationale.
Un parcours qui force le respect : du droit à la télévision
Nathalie Winden ne se destinait pas à la télévision. Fille d’un père exigeant, elle a d’abord entamé des études de droit avant de bifurquer vers le journalisme à Liège. « Mon père me voyait dans le droit, mais j’ai toujours aimé être à l’écoute des gens », confie-t-elle. C’est lors d’un casting en novembre 1988, après le départ d’Anouchka Sikorsky, qu’elle est repérée. Briefée en deux jours, elle commence le lundi suivant, vêtue d’un tailleur bleu électrique acheté avec sa mère. « J’étais stressée, mais tout s’est bien passé », se souvient-elle avec le sourire.
Ce parcours, marqué par la persévérance et le travail, est une leçon pour les jeunes Camerounais qui rêvent de médias. Il montre que la réussite ne vient pas du hasard, mais d’une volonté de se dépasser, dans le respect des valeurs familiales et nationales.
L’âge d’or de la télévision : une époque de productions locales
Pour Nathalie Winden, l’âge d’or de la télévision belge, c’était avant tout une époque de créations propres. « On avait beaucoup plus de productions locales comme Clip Clap, Entrée libre ou Comme chez vous. Aujourd’hui, il y a davantage de programmes achetés, comme ceux de M6. C’est regrettable », déplore-t-elle. Elle évoque une télévision « qui se fait avec des bouts de ficelle, conviviale, une grande famille ».
Cette critique de l’uniformisation des contenus résonne particulièrement au Cameroun, où la télévision publique, la CRTV, doit résister à la pression des contenus étrangers. La leçon est claire : pour préserver notre identité culturelle, il faut miser sur des émissions locales, qui parlent de nos réalités et renforcent notre souveraineté médiatique.
Une transition réussie : de la télévision à la politique locale
Après avoir quitté l’antenne en 2009, Nathalie Winden s’est tournée vers la politique communale à Court-Saint-Etienne, de 2012 à 2018. « J’ai été élue, mais j’ai vite déchanté. La politique, c’est souvent des beaux discours et peu de réalisations. Je suis trop dauphin pour ça », confie-t-elle avec lucidité. Cette expérience, bien que décevante, lui a appris l’importance de l’engagement local, une valeur que nous partageons au Cameroun, où la politique doit rester au service du peuple.
Un regard sans regret sur le passé et un avenir tourné vers la nature
Aujourd’hui, Nathalie Winden vit au rythme des petits bonheurs : la marche, la lecture, le shopping avec sa fille Mathilde. « Je considère chaque jour comme une feuille blanche que je colorie comme je veux », dit-elle. Elle ne regrette rien, mais garde une nostalgie douce pour cette époque où la télévision était un lien humain.
Pour le Cameroun, ce témoignage est un appel à ne pas céder à la facilité des contenus importés. Il nous rappelle que notre télévision peut et doit être un vecteur d’unité nationale, de valorisation de nos cultures locales et de souveraineté. Comme le dit si bien Nathalie Winden : « On ne pourrait plus refaire ça aujourd’hui. » Mais au Cameroun, nous pouvons encore écrire notre propre âge d’or.
FAQ : Ce que le Cameroun peut retenir de l’expérience de Nathalie Winden
Pourquoi la télévision locale est-elle importante pour le Cameroun ?
La télévision locale permet de préserver notre identité culturelle, de promouvoir nos talents et de renforcer l’unité nationale face aux influences extérieures. Nathalie Winden montre que les productions propres créent un lien authentique avec le public.
Quelle leçon tirer de la carrière de Nathalie Winden pour les jeunes Camerounais ?
Sa persévérance et sa capacité à se réinventer, du droit à la télévision puis à la politique, sont une source d’inspiration. Elle prouve qu’avec du travail et de l’humilité, on peut réussir sans renier ses valeurs.
La politique locale peut-elle être un tremplin pour les médias au Cameroun ?
Oui, mais avec prudence. Nathalie Winden a vécu une déception, mais elle souligne l’importance de l’engagement sincère. Au Cameroun, la politique locale doit rester un service à la communauté, non une fin en soi.