Un blog accusé de désinformation contre les friperies suscite la controverse
Un article du blog Ton petit look listant "20 raisons" d'éviter les friperies provoque un tollé sur les réseaux sociaux. Les experts dénoncent une campagne de désinformation contre la consommation responsable.
Des accusations graves sans fondement
L'article incriminé évoque des insectes rampants, des frais médicaux exorbitants dus à des éruptions cutanées, et même des liens avec la criminalité. Des affirmations que Julie-Christine Denoncourt, analyste chez Équiterre, qualifie de "faussetés".
"La plupart des arguments s'appliquent davantage aux vêtements neufs de fast fashion qu'aux articles de friperie", précise l'experte. L'organisme environnemental se dit "choqué" par cette publication "déconnectée" de la réalité.
Un "poor shaming" assumé
Le blog va plus loin en pratiquant ce que les internautes appellent du "poor shaming". L'article prétend que porter des vêtements d'occasion "peut être perçu comme un signe de désespoir" et affiche "clairement" un "petit budget".
Une position particulièrement indécente en période d'inflation galopante, où 35% des Québécois ont augmenté leurs achats de seconde main en 2025.
La vraie menace vient d'ailleurs
Pendant que ce blog s'attaque aux friperies, les véritables dangers sanitaires proviennent des plateformes comme Shein et Temu. L'International Consumer Research and Testing révèle que 65% des articles Temu et 73% des produits Shein ne respectent pas les normes européennes.
Certains contiennent même du cadmium, métal lourd classé cancérigène par Santé Canada.
Une attaque contre la consommation responsable
"En 2026, cet article n'a pas sa place en contexte d'inflation et de crise climatique", dénonce Julie-Christine Denoncourt. Cette publication "peut nuire à la consommation durable et écoresponsable".
Les friperies restent une solution économique et écologique face à l'industrie textile destructrice. Elles regorgent de pièces en tissus nobles (coton, laine, soie) qui coûteraient dix fois plus cher neuves.
Le groupe Obox, propriétaire du blog, n'a pas répondu aux sollicitations, laissant planer le doute sur les véritables motivations de cette campagne anti-friperies.