Ukraine : l'émissaire Trump à Berlin pour débloquer les négociations
L'émissaire américain Steve Witkoff se rend à Berlin dans une tentative de relancer les négociations sur l'Ukraine, alors que les positions restent figées entre Washington, Kiev et Moscou. Cette initiative diplomatique intervient dans un contexte où Donald Trump affiche ouvertement son impatience face à l'enlisement du conflit.
Des négociations sous pression américaine
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé samedi soir qu'il aurait "des réunions avec des représentants du président Trump et avec nos partenaires européens, ainsi que de nombreux dirigeants sur la création des bases de la paix, d'un accord politique pour mettre fin à la guerre".
Cette démarche s'inscrit dans le cadre du plan américain dévoilé il y a un mois, initialement jugé très favorable à Moscou. Kiev et ses alliés européens cherchent désormais à amender ce plan, particulièrement sur les questions territoriales où les États-Unis réclament d'importantes concessions ukrainiennes.
Un plan controversé aux concessions asymétriques
Selon les informations disponibles, Washington souhaite que les forces ukrainiennes se retirent de la partie encore contrôlée de la région de Donetsk, censée devenir une "zone économique libre" démilitarisée. En échange, l'armée russe se retirerait uniquement de petites zones conquises dans le nord et le centre-est de l'Ukraine, tout en conservant des territoires plus larges dans le sud.
Cette approche soulève des interrogations légitimes sur l'équité des concessions demandées. Les Européens et les Ukrainiens exigent des "garanties de sécurité" solides avant toute négociation territoriale, craignant une troisième invasion russe.
L'adhésion européenne comme compensation
Le plan américain envisagerait une adhésion accélérée de l'Ukraine à l'Union européenne dès 2027. Cette perspective, bien qu'ambitieuse, se heurte aux réticences de certains États membres comme la Hongrie, rendant ce calendrier peu réaliste.
Escalade militaire persistante
Pendant que se dessinent ces tractations diplomatiques, les hostilités s'intensifient sur le terrain. La Russie a frappé des installations énergétiques ukrainiennes avec des missiles hypersoniques, privant d'électricité des milliers de personnes dans sept régions. L'Ukraine riposte par des attaques de drones quotidiennes visant l'industrie pétrolière russe.
L'incident impliquant un navire turc touché par une frappe russe dans le port de Tchornomorsk illustre l'extension du conflit aux voies commerciales internationales, suscitant l'inquiétude d'Ankara.
Une diplomatie sous contrainte temporelle
Donald Trump, dont la porte-parole a déclaré jeudi qu'"il en avait assez des réunions qui n'ont d'autre but que de se réunir", met une pression croissante sur tous les acteurs pour aboutir rapidement à un accord.
Cette approche pragmatique, si elle peut paraître efficace, soulève des questions sur la durabilité d'un accord conclu sous contrainte temporelle sans garanties solides pour toutes les parties.