Incendies en Gironde : le retour chez soi, un soulagement teinté d’amertume pour les sinistrés
Après dix jours d’attente dans le Parc des expositions de Bordeaux, les habitants de neuf communes ont enfin été autorisés à rentrer chez eux, jeudi 30 juillet. Une décision de la préfète de la Gironde qui met fin à une période éprouvante pour des milliers de personnes, dont certaines ont vu leur vie bouleversée par les flammes. Mais ce retour, pour beaucoup, n’est pas sans mélanger joie et nostalgie.
Au plus fort des incendies, le Parc des expositions avait accueilli jusqu’à 7 000 évacués. Aujourd’hui, il se vide progressivement. Une femme, portant un t-shirt de la métropole, monte sur une chaise, saisit un micro et annonce la nouvelle : « On rentre à la maison. » Pour Michel, 74 ans, habitant de Saint-Médard-en-Jalles, c’est la fin d’un calvaire. « Je suis fatigué, j’ai envie de rentrer à la maison », confie-t-il, pressé de retrouver son chat, laissé seul une semaine. « Ça me fait peur, je n’ai pas envie de retrouver mon chat mort. »
Mathéo, 16 ans, capuche sur la tête et poches sous les yeux, ne dort que quatre heures par nuit sur des lits de camp inconfortables. « Ce n’est pas comme un vrai lit, tu tombes un peu dans le vide », dit-il. Vanessa, trentenaire asthmatique de Cestas, pense à sa Ventoline restée dans un placard. « Pour moi c’était très compliqué, j’avais du stress en permanence, je n’arrêtais pas de pleurer. Mais là, ça va mieux », souffle-t-elle.
Jeanne, elle, est devenue accro aux informations sur son téléphone, agacée par les fausses rumeurs qui ont envahi le parc. « Les gens disent blanc, les autres disent bleu, on est perdus », regrette-t-elle. Mais d’autres quittent les lieux avec amertume. Géraldine a aimé « la solidarité entre les gens », aidant une dame âgée en fauteuil roulant. Rachel, ostéopathe bénévole, évoque René, 99 ans, qui trouvait le parc « mieux qu’une colonie de vacances ». « Les personnes isolées ou précaires sont si bien ici qu’elles ne veulent pas retourner chez elles », explique-t-elle.
Avant de partir, des câlins s’échangent entre inconnus, désormais liés par cet épisode. Une leçon de résilience qui rappelle que, même dans l’adversité, la solidarité humaine reste notre plus grande force.
