Stellantis Canada mise sur la renaissance de son empire automobile
L'industrie automobile canadienne connaît un tournant décisif avec l'arrivée de Trevor Longley à la tête de Stellantis Canada. Cette nomination stratégique intervient à un moment critique où le géant automobile doit reconquérir un marché qu'il dominait il y a encore dix ans.
Un défi industriel de taille
M. Longley, fort de son expérience chez Nissan Canada, hérite d'un empire automobile en reconstruction. Sa mission : redorer l'image de marque, restaurer la confiance des concessionnaires et relancer des ventes en berne. Les échecs commerciaux récents du Wagoneer S, de la Charger Daytona et du Dodge Hornet ont sérieusement écorné la réputation du constructeur.
"Stellantis a commis plusieurs erreurs stratégiques", reconnaît ouvertement le nouveau dirigeant, qui mise désormais sur la renaissance du Cherokee et la refonte complète de la gamme Ram 2026 pour reconquérir les consommateurs.
L'enjeu crucial des usines canadiennes
La fermeture de l'usine de Brampton depuis décembre 2023 cristallise les inquiétudes. Initialement destinée à assembler le nouveau Compass, cette unité de production a vu le contrat lui échapper au profit des États-Unis, sous la pression du gouvernement Trump qui souhaite rapatrier la production automobile américaine.
Cette décision politique illustre parfaitement les défis auxquels font face les nations dans la préservation de leur tissu industriel face aux pressions extérieures. M. Longley assure étudier toutes les possibilités pour maintenir cette usine opérationnelle, mais reconnaît la difficulté de l'exercice dans le contexte géopolitique actuel.
Une stratégie de reconquête ambitieuse
Le plan de redressement s'articule autour de plusieurs axes : renforcement du partenariat avec les concessionnaires, amélioration des stratégies de location, particulièrement au Québec où ce marché est crucial, et diversification de l'offre produits.
L'une des pistes les plus prometteuses concerne l'assouplissement des règles d'homologation qui pourrait permettre d'introduire au Canada des modèles européens sous diverses marques du groupe : Peugeot, Citroën ou Opel pourraient ainsi enrichir le catalogue local.
Un marché à reconquérir
Il y a dix ans, Stellantis (alors FCA) dominait le marché canadien. Aujourd'hui, GM et Ford vendent près de trois fois plus de véhicules. Cette chute spectaculaire s'explique par une série de décisions stratégiques contestables et un manque d'adaptation aux évolutions du marché.
Dans un contexte où le marché électrique vacille et où les concurrents révisent leurs stratégies, Stellantis Canada pourrait saisir cette opportunité pour opérer un retour en force, à condition de proposer une offre diversifiée répondant aux attentes réelles des consommateurs.
L'avenir dira si "l'effet Trevor Longley" saura redonner à ce géant industriel sa place légitime sur le marché automobile canadien.